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Robert De Roquebrune

L’INVITATION À LA VIE SUIVI DE PAYSAGES ET AUTRES PROSES

Les Herbes rouges, Montréal, 2002
61 pages
12,95 $

En rééditant L’invitation à la vie, unique recueil publié par Robert de Roquebrune (en 1916), Les Herbes rouges ont eu l’excellente idée d’inclure d’autres morceaux que le futur romancier, nouvelliste, essayiste, autobiographe et chroniqueur allait consacrer par la suite à la poésie : il s’agit de quatre des cinq proses poétiques parues dans l’éphémère mais incontournable revue d’art Le Nigog, dont l’écrivain fut l’un des co-fondateurs (en 1918).

Dans sa présentation, Pierre Barrette s’attache aux seuls textes de l’opuscule de 1916 mais n’ignore pas l’existence du Nigog dans le résumé qu’il fait du contexte littéraire de l’époque : y sont bien marqués les enjeux qui prévalaient au temps du régionalisme triomphant et de la « relative solitude culturelle » du Québec d’alors. La « nouveauté effective » de L’invitation à la vie y est également soulignée, quoique certaines pistes de lecture soient pour le moins surprenantes : s’il est vrai qu’on découvre dans l’uvre poétique de Robert de Roquebrune un certain « héritage du romantisme », le rapprochement avec Alfred de Vigny est-il justifié ? Ce que Pierre Barrette appelle une « rhétorique aux accents vaguement obsolètes », et, surtout, les exemples qu’il donne pour l’illustrer, sont au contraire le lieu d’une originalité tangible, d’une créativité novatrice qui fut peu remarquée à l’époque. Comme Paul Fort en France et Paul Morin au Québec, Robert de Roquebrune est un jalon réel ayant contribué à sa manière au passage de l’anciennepoésie strophique et versifiée à la moderneprose poétique, sous laquelle d’ailleurs le vers traditionnel affleure souvent.

L’absence de tout élément bibliographique pourrait laisser croire, à tort, que l’uvre de Robert de Roquebrune, y compris le corpus poétique, n’a pas fait l’objet d’études : on subodore pourtant la consultation de certaines sources.

Au lecteur maintenant de (re)découvrir ces pièces, inégales certes, mais qui figurent avec raison dans une collection consacrée « à la réédition de textes essentiels de la poésie québécoise » (quatrième de couverture).

Publié le 8 août 2003 à 9 h 55 | Mis à jour le 8 août 2003 à 9 h 55