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Numéro 86

Robert Fulford

L’INSTINCT DU RÉCIT

Bellarmin, Montréal, 2001
206 pages
19,95 $

Dès sa parution, L’instinct du récit de Robert Fulford a fait l’unanimité dans la presse québécoise. À juste raison. Sous le titre original de The Triomph of Narrative, l’essai de Robert Fulford contient en fait les cinq grandes conférences qu’il a données, en 1999, dans le cadre des conférences Massey ‘ ainsi nommées en l’honneur de Vincent Massey, ancien Gouverneur général du Canada ‘ parrainées par le Collège Massey de l’Université de Toronto et la radio anglaise de Radio-Canada. Ces conférences ont pour but de donner à un penseur reconnu l’occasion de transmettre les résultats de recherches originales sur un sujet d’actualité. Pour Robert Fulford, qui compte un demi-siècle de métier à titre de journaliste culturel pour le Globe and Mail et le Saturday Night en particulier, rien n’est plus actuel que le récit.

« Ce siècle aura été le siècle de la narration. Nous sommes inondés par le flot des récits. L’imprimé, la télévision, le cinéma, la radio et l’Internet nous fournissent beaucoup plus d’histoires que nos ancêtres auraient pu en imaginer. » Bien au delà d’une simple analyse du récit dans son sens littéraire le plus strict, Robert Fulford propose une lecture de toutes ces trames narratives sur lesquelles se fondent des vies individuelles et collectives. Du bavardage à l’histoire nationale en passant par le journalisme, le cinéma, les légendes urbaines, le postmodernisme, le mensonge ou le roman de chevalerie, l’essayiste trace un portrait saisissant et s’interroge sur ce besoin que l’humain a de raconter. « Est-ce que l’habitude que nous avons de regarder le monde comme une histoire nous amène à mieux nous comprendre ? Fait-elle de nous de meilleurs ou de moins bons citoyens ? Par expérience, j’incline à penser qu’elle fait de nous de meilleurs citoyens : le récit nous permet d’éprouver de l’empathie pour autrui. »

L’essai de Robert Fulford se dévore en quelques heures. Il faut ensuite le reprendre pour le savourer chapitre par chapitre pour le bonheur du style et pour les nombreuses réflexions qu’il suscite.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21