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NUIT BLANCHE

L’auteur est d’origine belge ; il a enseigné l’histoire au cégep et à l’Université de Montréal. Il concentre ici sa recherche sur l’immigration des Belges au Québec depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, avec quelques coups d’œil avant et après cette période. Rappelons tout de suite que l’arrivée de Belges, surtout Flamands et cultivateurs, restera toujours marginale. C’est après 1860 que les premiers contacts s’établissent entre les gouvernements. Des règlements sont promulgués à propos du transport des émigrés partis du port d’Anvers, une partie des frais de voyage leur est offerte, les conditions de vie minimales sur les bateaux sont précisées, ils reçoivent du Québec des terres gratuites. Mais ils ne sont pas riches, ne savent pas comment défricher la terre. Ils essaieront de développer, comme en Belgique, la culture du lin et de la betterave sucrière, dans des conditions pénibles. L’abbé Verbist dépense beaucoup d’énergie pour attirer ici des familles de langue française et de religion catholique. En 1882, Gustaav Vekeman, journaliste, débarque avec femme et enfants, et essaie de créer de petites communautés belges en région, mais sans succès. Les Belges sont discrets, travailleurs, mais beaucoup sont repartis. Rares sont ceux qui exercent une profession libérale en milieu urbain avant le XXe siècle. Le gouvernement les prévient à leur arrivée qu’ils trouveront difficilement du travail ! Toutefois, l’œuvre de certains d’entre eux est toujours sensible : dans le secteur de l’enseignement, notons la création des H.E.C., en 1907, par A-J de Bray, de l’Université de Louvain. L’École d’arpentage de Québec, l’École polytechnique de Montréal, l’École des arts décoratifs et industriels, l’École d’architecture doivent leur création à l’initiative belge. Les professeurs immigrés communiquent leurs principes de vie tels discipline, respect du travail et compétence. Dans le domaine musical, plusieurs interprètes notoires font leur marque. Plus tard, on retient des noms comme Johan Beetz sur la Côte-Nord, Ferdinand Van Bruyssel, consul général de Belgique qui agit ensuite à titre privé, le baron Empain pour son action sociale. En 1900, grâce à divers investissements, des ingénieurs belges créent à Shawinigan la Belgo Pulp and Paper Corp. qui se mit à produire du papier journal et qui, dès 1925, fut absorbée par la Consolidated Paper Corp Ltd. D’autres initiatives et des associations voient le jour. Plusieurs noms de Belges intégrés dans la société québécoise depuis longtemps résonnent encore.

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