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Numéro 81

Jean Calvet

LES SALONS DE MARGUERITE DE NAVARRE (1492-1549) À SUZANNE NECKER (1740-1794)

La Plume d’Oie, Cap-Saint-Ignace, 2000
217 pages
19,95 $

Relativement peu de gens, sans doute, connaissent aujourd’hui Monseigneur Jean Calvet (1874-1965). Cet « agrégé de l’Université et ancien professeur de littérature française à la Faculté Libre des Lettres de Paris » a laissé un nombre incalculable d’articles et de livres, dont un célèbre Manuel illustré d’histoire de la littérature française qui a été longtemps en usage dans l’enseignement des belles-lettres en France et au Québec. L’un de ses anciens élèves, Maurice Lebel, professeur émérite à l’Université Laval, a choisi de publier les douze conférences inédites que le maître a prononcées à Paris « durant l’entre-deux-guerres » sur « l’influence des salons » dans la littérature française. Outre les deux du titre, ces salons sont ceux d’illustres demoiselles (de Scudéry, de Lespinasse), dames (de Sablé, de La Fayette, Geoffrin, Scarron, de Lambert, de Tencin, du Deffand) et marquise (de Rambouillet) des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Maurice Lebel ajoute aux textes originaux un index des noms propres et, surtout, des notes généreuses et inédites.

Les usagers du susdit Manuel reconnaîtront ce que la préfacière Marie Chalendard appelle « le caractère informatif » de ces conférences. Ces dernières renseignent d’abondance, en effet, sur les origines, les orientations intellectuelles et l’apport « immense » de ces « véritable [s] institution [s] sociale [s] » que furent les salons, et relatent les sujets de discussions, les rivalités salonnières, la qualité des habitués, les héritages reçus et laissés par les animatrices, les divertissements mondains de ces lieux privilégiés De là le côté anecdotique des textes, où percent aussi, il fallait s’y attendre, les préoccupations morales du prélat.

Ce livre, issu du geste pieux d’un élève à l’endroit d’un maître admiré, rappellera sans doute des souvenirs aux nostalgiques du cours classique québécois d’avant les années 1960 et montrera aux plus jeunes une part de ce que l’on a longtemps, à l’instar de Calvet, considéré ici comme un « enseignement littéraire ».

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21