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Numéro 83

Max Gallo

LES PATRIOTES, TOME 1

L'OMBRE ET LA NUIT

Fayard, Paris, 2000
413 pages
34,95 $

L’ombre et la nuit et La flamme ne s’éteindra pas, deux premiers tomes d’une suite romanesque en quatre volumes de Max Gallo, nous entraînent d’abord dans les années troubles qui précèdent la Seconde Guerre mondiale et nous plongent ensuite au cœur même du conflit qui ravage la France puis l’Europe entière. Conçu hors mariage, Bertrand Renaud de Thorenc, fils présumé du Juif Simon Belovitch qui fut l’un des nombreux amants de sa mère, Cécile de Thorenc, est journaliste à Paris-Soir. Or en mars 1936, il se voit confier le mandat d’interviewer Adolf Hitler. C’est en ce même mois de mars 1936, à Berlin, que Geneviève Villars, fille du commandant gaulliste Joseph Villars et de Blanche de Peyrière, dont la famille a des accointances avec les Allemands, remettra sa photo au réputé journaliste. Ces deux rencontres scelleront en quelque sorte le destin du futur résistant français. Peu à peu, Paris est envahi par l’étendard nazi : «C’était comme si, sur les deux rives de la Seine, de longues plaies sanglantes, avec ces énormes mouches noires posées en leur cœur, balafraient les murs de la capitale. » C’est sur fond d’inquiétude que débute cette histoire de guerre et d’amour qui fera cheminer dans les mêmes sentiers collabos et résistants, traîtres et patriotes.

Le deuxième volume s’ouvre sur une nuit hivernale déchirée par des coups de sifflet stridents : c’est le 11 novembre 1940, la guerre a cours, les réseaux de résistance s’organisent, les dénonciations sont de plus en plus fréquentes et les méthodes de la police française et de la Gestapo mettent à rude épreuve, quand elles ne les tuent pas, ceux qui luttent contre l’Occupant. Dès lors, à qui faire confiance ? Acculé le résistant français est exposé à toutes les cruautés : les revanches personnelles, les délations, les petites et les grandes lâchetés, les déportations, la torture. C’est en détraquant les êtres que l’on crée une sorte de chaos où règnent confusion et suspicion : « Tel était le poison de l’Occupation : ce soupçon qui s’insinuait dans chaque conscience, ce doute qui corrodait la confiance que l’on pouvait avoir en quelqu’un. »

Qu’adviendra-t-il de tous ces personnages attachants dont Max Gallo a entouré Bertrand Renaud de Thorenc dans Le prix du sang et Dans l’honneur et pour la victoire, troisième et quatrième volumes de cette fresque ? En écho, dans notre conscience, surgit forcément l’inéluctable question sur toutes ces vies sacrifiées au nom du pouvoir et de la domination qui s’accomplissent trop souvent par l’épuration ethnique.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21