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Numéro 101

Simon Harel

LES PASSAGES OBLIGÉS DE L’ÉCRITURE MIGRANTE

XYZ, Montréal, 2005
250 pages
27 $

Le visage littéraire du Québec a bien changé depuis les années 1960-1970. Pendant cette période d’ébullition sociale et de création des mécanismes politiques d’affirmation nationale, la littérature québécoise sera, temporairement, le véhicule de prédilection du discours identitaire (linguistique, politique, idéologique, ethnique, etc.). Ce processus, nécessaire pour certains, synonyme d’exclusion pour d’autres, a, au cours des décennies suivantes, pris des tangentes tout aussi imprévisibles qu’intéressantes. La littérature québécoise actuelle, à l’instar d’autres littératures internationales, est planétaire grâce entre autres aux mouvements des populations et aux moyens de communication électroniques. Ce sont des individus « en mouvement », volontairement ou non venus ici, qui, avec leur talent et leur imaginaire, ajouteront leur grain de sel à la mosaïque qu’est devenue la littérature québécoise. C’est à ces divers phénomènes que s’intéresse Simon Harel dans son essai, Les passages obligés de l’écriture migrante.

Destiné à un lectorat spécialisé, l’essai de Simon Harel, professeur au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal (et directeur de la collection « Théorie et Littérature » chez XYZ), contient, comme il se doit dans les ouvrages universitaires, le jargon érudit, l’aridité du style et les multiples références à des notions et des ouvrages que les pauvres mortels ignorent. Toutefois, de tels essais, et particulièrement celui-ci, permettent de prendre connaissance des plus récentes recherches et études en littérature québécoise. À cet égard, Simon Harel offre un portrait rigoureux et sans concession de « la problématique migratoire » telle que la révèle le discours social québécois actuel. Il ne recule pas non plus devant la difficile question de l’identité qui « n’est pas l’objet de la littérature, à moins de faire valoir un discours qui concorde avec les visées hégémoniques des appareils de pouvoirs ».

Force est de constater que ce qui jusqu’à récemment faisait à peine partie du corpus littéraire québécois le bouleverse, le bouscule, bref le renouvelle.

Publié le 24 novembre 2005 à 19 h 34 | Mis à jour le 24 novembre 2005 à 19 h 34