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Maurice Leblanc

LES INTÉGRALES DE MAURICE LEBLANC

VOL. 4

Hachette, Paris, 2000
918 pages
36,95 $

Arsène Lupin est infatigable. Nous le retrouvons ici sous les principaux masques derrière lesquels il s’est illustré, du gentleman cambrioleur au détective dilettante, sans oublier le lovelace Belle Époque. Car l’univers de Lupin est peuplé de jolies mondaines, que l’inconstant et dégourdi héros de Leblanc séduit successivement. Certes, l’amour demeure évaporé, astreint à de prudentes ellipses sous la plume de Leblanc, mais le ton de l’écrivain parvient à recréer la frivolité des années 1920. N’est-ce pas un indice de santé pour un personnage né quelque trente ans plus tôt ? Ce quatrième tome des Intégrales rassemble des romans et nouvelles parus entre 1928 et 1935. La notoriété de Leblanc était alors à son sommet. C’est l’époque où les aventures de Lupin sont adaptées pour le théâtre, la radio, puis, un peu plus tardivement, pour le cinéma. Le roman d’aventures acquiert alors une plus grande renommée et suscite l’intérêt d’auteurs aussi « sérieux » que Marcel Aymé ou Pierre Mac Orlan.

Hormis les trois derniers romans qui manquent légèrement d’inspiration, le quatrième volume des Intégrales constitue une lecture trépidante et bien ficelée. Avatar goguenard de Lupin, le détective Jim Barnett (« L’agence Barnett et Cie ») ne reçoit pas d’honoraires pour ses services, qui sont gratuits, à l’exception d’un « léger » prélèvement s’effectuant au détriment des coupables. « La Barre-y-va » nous transporte dans le pays de Caux et nous présente une énigme qui, tout comme celle dont se compose « La demeure mystérieuse », nous rappelle l’un des meilleurs romans de Leblanc, « L’aiguille creuse » (Les intégrales, volume 1). D’une péripétie à l’autre, Lupin déjoue en trompe-la-mort ses adversaires. Le lecteur s’amusera de le voir se payer la tête de policiers crétinisés, du débonnaire Béchoux au benêt de Gorgeret, dupe de son zèle excessif. Lupin use de tous les expédients dans son donquichottisme infaillible. Ce n’est toutefois pas l’amour de la justice ou du vrai qui l’anime, mais, au fond, la crainte commune à bien des héros de sa génération : celle de périr d’ennui.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21