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Numéro 104

Georges Bertin, Véronique Liard

LES GRANDES IMAGES

LECTURE DE CARL GUSTAV JUNG

Presses de l'Université Laval, Québec, 2005
179 pages
20 $

Si l’anthropologie de l’imaginaire en tant que science a connu une naissance longue et hasardeuse qui s’est prolongée durant presque tout le XXe siècle, elle semble, en ce début de XXIe siècle, avoir enfin acquis droit de cité. Dans leur ouvrage intitulé Les grandes images, Georges Bertin et Véronique Liard se sont intéressés aux travaux du psychologue suisse Carl Gustav Jung, à qui l’on doit le regain d’intérêt actuel pour les recherches portant sur l’imaginaire et les images, et se sont donné pour but d’en mettre au jour les principes fondateurs de même que les résonances. Plus qu’une synthèse de la pensée du maître zurichois sur les contenus de la psyché, les auteurs proposent ici de démonter l’appareillage critique du Grand œuvre jungien et d’indiquer de quels matériaux il se compose : en plus des concepts bien connus d’inconscient collectif et d’archétypes, les notions d’ombre, de persona, de Soi, d’animus et d’anima sont abordées.

Ne nous y trompons pas néanmoins : Les grandes images ne prétend nullement au titre de catalogue qui doterait le lecteur profane de clés pour analyser les représentations dont il est bombardé à longueur de jour par la civilisation de l’image. Les auteurs se sont plutôt interrogés sur la valeur des images universelles – en tant que « prise[s] de conscience immédiate[s], intuitive[s] d’un rapport qui existe dans l’univers » – dans le cadre de leur surgissement au sein des rêves ou dans l’imagination active. Après avoir défini la notion d’imaginaire telle que l’entendait Jung, ils tournent leur réflexion vers les images de l’eau et de Dieu, mais aussi vers les phénomènes dits « occultes » et leur signification dans la pensée rationaliste, sans oublier de consacrer quelques chapitres à des questions qui ont obsédé Jung durant ses années de réflexion, telles la séparation entre l’Occident et l’Orient ou le caractère romantique dont on a souvent taxé ses travaux, sans parler de l’impact du mythe dans les sciences humaines. De nombreux exemples provenant de rêves ainsi que des extraits tirés de divers textes sacrés anciens illustrent successivement chacun des sujets traités et donnent un caractère concret à une matière au demeurant quelque peu abstraite.

Publié le 20 septembre 2006 à 19 h 40 | Mis à jour le 11 novembre 2014 à 14 h 39