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Numéro 77

Nadine Bismuth

LES GENS FIDÈLES NE FONT PAS LES NOUVELLES

Boréal, Montréal, 1999
226 pages
22,50 $

Son premier recueil révèle, chez Nadine Bismuth, un talent de conteuse : elle vous ficelle une histoire en deux temps, trois mouvements ! L’épouse et la maîtresse de la première nouvelle, réunies devant le cercueil de leur homme, voisinent les deux jeunes filles de la deuxième, serveuses au Jardin d’Éden, ce restaurant clean où l’on n’est pas tenu de coucher avec les clients. Pour décrire l’amant éconduit et le gamin de dix ans qui reçoit ses amis et sa flamme pour son anniversaire, la femme fraîchement divorcée qui brunche avec les mon-oncles et ma-tantes de la famille, le vieux couple traditionnel dont l’épouse laisse brûler le rôti, sans oublier la mariée qui s’offre un flirt le jour de ses noces, le moins qu’on puisse dire, c’est que Nadine Bismuth a la plume alerte !

L’intérêt de ce recueil de treize nouvelles tient davantage à cette pluralité des voix qu’au travail de l’écriture. Dans Les gens fidèles ne font pas les nouvelles , la véhémence de la jeunesse et la verdeur du propos ont du charme. Plus encore, le regard un peu railleur que l’auteure pose sur les petites et les grandes trahisons, le ton touchant qui est le sien pour parler du pathétique de la vie : « Cette corvée de congélation ne servait-elle pas uniquement à alimenter mes propres espoirs ? La seule chose que j’aurais vraiment souhaité pouvoir congeler dans toute ma vie, est-ce que ce n’étaient pas mes enfants ? »

Incontestablement, cette jeune auteure a de l’imagination !

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 24 novembre 2014 à 17 h 49