Venceslas Kruta

LES CELTES

HISTOIRE ET DICTIONNAIRE DES ORIGINES À LA ROMANISATION ET AU CHRISTIANISME

Robert Laffont, Paris, 2000
1005 pages
54,95 $

Ouvrage d’érudition considérable, Les Celtes de Venceslas Kruta ne deviendra lecture quotidienne que pour les spécialistes. Disons que la section histoire, plus accessible même si elle est si fouillée qu’il faut une bonne dose de persévérance pour la traverser, lève le voile d’approximations qui recouvre la vérité celte pour la plupart d’entre nous. Que la présence celte ait été connue des Grecs et évidemment des Romains qui ont repoussé ces populations au fur et à mesure qu’ils repoussaient les frontières de leur empire, des textes en témoignent. Mais que les Celtes aient laissé des traces importantes dans les pays d’Europe centrale et dans l’Europe de l’Ouest jusqu’en Méditerranée, c’est moins connu. Au sud de Stonehenge et de Carnac, on les imagine en expéditions guerrières plus qu’en tranquilles occupants de territoires. Les Celtes resitue les faits.

La section de ce « Bouquin » qui porte sur la langue celte, qui a souffert de l’interdiction d’écriture prononcée par les druides, présente le grand intérêt de renseigner sur une culture qui était loin d’être primitive. De même les techniques en usage chez les Celtes et les connaissances tirées de l’observation de la nature par les druides démontrent un développement que peu de populations dites barbares par les empires du moment possédaient. Cet immense survol de la présence celte avant les grandes vagues des civilisations romaine et chrétienne s’appuie sur toutes les recherches archéologiques accessibles, elles ont été nombreuses depuis le XIXe siècle et se poursuivent. Toutes les dimensions de la culture celte avant qu’elle connaisse son déclin sont mises ainsi à la disposition des lettrés.

La partie dictionnaire, immense plus encore, 600 pages à elle seule, est d’une certaine façon plus actuelle, les langues d’aujourd’hui conservant des traces innombrables de la pensée et des instruments linguistiques qu’elle se donnait en des temps meilleurs de son rayonnement. Un toponyme, un mot qui sonne différemment, une tradition qui perdure peuvent amener à le feuilleter , à s’y perdre.

Les Celtes est sans doute l’ouvrage le plus complet qui existe sur le sujet, une source de découvertes. La qualité du texte, l’objectivité des observations, la rigueur des interprétations rendent l’ouvrage exemplaire.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21