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Vladan Matijevic

LES AVENTURES DE MINETTE ACCENTIÉVITCH

Trad. du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli
Les Allusifs, Montréal, 2007
151 pages
19,95 $

Ah, Minette ! Minette ! Dans son roman érotique quasi inclassable, à la limite du pornographique, le Serbe Vladan Matijevic s’amuse. Les aventures de Minette Accentiévitch peut s’apparenter à bien des genres littéraires mais sûrement pas à celui de « court roman de chevalerie », comme l’éditeur a voulu le sous-titrer.

Minette aime les hommes, qui le lui rendent bien. Minette est aussi lucide que vulgaire, elle qui proclame : « […] les mecs, faut les fasciner, ce qui n’est pas difficile. Ils ont le cerveau dans les couilles ».

Matijevic, quant à lui, se plaît à dire dans ses « Notes sur l’auteur » qu’être né en 1962, dix ans jour pour jour après la mort du héros du scandaleux Lolita de Vladimir Nabokov, est plus qu’une coïncidence, c’est un destin. L’auteur est connu en Serbie et en ex-Yougoslavie où il a reçu des prix prestigieux tels le Ivo Andric en 2000 et le Ninen 2003. Il se dit peu sociable et confie : « […] j’ai traîné à moitié mort de par le monde, jusqu’au jour où j’ai compris que la solution, c’était une minette ».

Ladite Minette – femme sensuelle, quelque peu nymphomane, décidée et obscène – se fait connaître en quelque 75 très courts chapitres aux titres éloquents : « Avant la masturbation », « Orgasme », « La vengeance de Minette » ou encore « Minette se fait avorter ». L’aguicheuse est douée en amour et ne laisse guère soupirer ses conquérants. Franche et pragmatique, elle est aussi de bon conseil pour ses copines : « Si tu baises, baise ! Il n’y a pas à chercher midi à quatorze heures ».

Le lecteur a compris. Minette est une séductrice sans complexe, qui rend les mâles fous et qui « a tellement besoin d’un bon orgasme pour s’éclaircir la tête ». Matijevic, lui, a eu besoin d’elle et il l’a créée. On peut aimer le genre explicite, le trouver distrayant et s’en amuser, mais il y a un côté répétitif qui lasse. Un peu longuet, quoi.

Dans un commentaire littéraire, où l’espace est restreint, on passe trop souvent sous silence le talent des traducteurs. Mais ici, on ne peut qu’admirer leur travail. Quels beaux fous rires a dû engendrer la traduction des Aventures de Minette Accentiévitch !

Publié le 16 juin 2008 à 23 h 12 | Mis à jour le 28 janvier 2015 à 12 h 03