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Les anges gardiens

Kristina Ohlsson

LES ANGES GARDIENS

Trad. du suédois par Hélène Hervieu
Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2013
475 pages
29,95 $

Troisième volet des enquêtes de Fredrika Bergman, Les anges gardiens est un de ces polars qui-viennent-du-froid et plus précisément de Suède, comme tant de romans de série noire qui font la joie des lecteurs ces années-ci. Écrit par l’auteure à succès Kristina Ohlsson, il fait suite aux Enfants de cendres, le premier volet de la série ainsi que le premier livre de l’écrivaine, et à La fille au tatouage. Cette troisième enquête a cependant une vie propre, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les deux autres pour comprendre ce qui anime l’équipe de détectives au sein de laquelle travaille Bergman.

L’intrigue classique de type « qui est le coupable ? » – who-done-it – amène la policière Bergman à remonter le temps, à essayer d’attraper tous les fils d’un écheveau complexe, et même à remettre en question sa relation avec le père de son enfant, impliqué semble-t-il dans une histoire sordide. « C’est alors que tu as trouvé des éléments concernant Spencer, n’est-ce pas ? […] Oui », répond Fredrika.

Sordide en effet, puisqu’il s’agit en intrigue principale d’une secte d’amateurs de snuffmovies, soit de films pornographiques dans lesquels on torture et on tue, parfois réellement. « Elle n’est pas sûre que ce soit pour de vrai, le film n’a ni queue ni tête. Le contenu est répugnant. »

En intrigue secondaire, qui tourne par contre un peu à vide, il est question de manipulation psychologique et de viols de jeunes étudiantes par leurs professeurs d’université. « Elle a déposé une plainte contre lui pour harcèlement sexuel. »

Kristina Ohlsson, née en 1979, a été analyste pour la police nationale suédoise, entre autres métiers. Jusqu’à tout récemment, elle était agente en contreterrorisme à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ceci explique cela, a-t-on coutume de dire ; la connaissance technique des procédures d’enquêtes de la jeune écrivaine transparaît dans le polar, sans jamais être pour autant ni trop lourde ni trop détaillée.

La structure du roman est par contre complexe et même tarabiscotée, entre passé et présent, présent qui lui se décline en deux temps, en alternance. Pas toujours facile à suivre. Certaines lourdeurs dérangent, que ce soit dans la traduction, par exemple : « lire dans le canapé » au lieu de « sur le canapé », ou dans le texte, par exemple : « Si Valter Lund était homo, il ne pouvait pas avoir eu de relation avec Rebecca ». Ah bon ?

Les anges gardiens est un bon polar, sans être un véritable coup de cœur. Par contre, il faut savoir que La fille au tatouage et Les anges gardiens ont tous deux été sur la liste courte en 2010 et en 2011 – du prix de l’Académie suédoise des écrivains de romans policiers. Publiée dans plus de vingt pays, la trilogie est présentement l’objet d’un projet de production pour une minisérie télévisée.

Publié le 7 avril 2014 à 14 h 11 | Mis à jour le 12 novembre 2014 à 15 h 21