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Numéro 79

Danielle Charest

L’ÉCHAFAUDAGE

Le Masque, Paris, 1999
284 pages
6,95 $

Il y a des écrivains, des œuvres, avec lesquels on n’a malheureusement aucun atome crochu, aucune affinité et cela en dépit du talent des premiers ou des éminentes qualités des secondes. Le roman qui a lancé Danielle Charest, L’érablière , m’avait beaucoup déçu. Je l’avais trouvé ennuyeux, mal écrit et je me demande encore comment il a pu être publié par une maison aussi prestigieuse que Le Masque (après une vingtaine de refus, avoue l’auteure !). L’échafaudage ne rachète rien, au contraire ! C’est long, inintéressant et l’écriture, laborieuse, m’a lassé. Quant à l’idéologie féministe qui est le moteur de toute cette histoire de commandos d’amazones en furie, je la trouve réductrice, simpliste, et par moments, plutôt malsaine. Le roman s’appuie sur l’agression subie par une députée indépendante qui milite, entre autres, pour que le gouvernement érige un monument en souvenir des victimes du massacre de Polytechnique. Le commando décide de prendre les choses en main et de remonter à la source du complot. Mais voilà… Prétendre, comme le fait l’auteure, à travers ses personnages, que tous les hommes sont des Marc Lépine en puissance, que tous sont des brutes épaisses et ignares, c’est se moquer du monde et un tel discours ne fera certainement pas avancer la cause des femmes. Danielle Charest s’est payé une bonne séance de défoulement, grand bien lui fasse ! Mais son récit est tellement manichéen et invraisemblable (les bonnes justicières féministes-lesbiennes d’un côté, les affreux sales et méchants Cro-Magnons de l’autre) que ça en devient ridicule. Quand, à la fin, la députée indépendante fonde le Parti féministe canadien (oui, vous avez bien lu…), on a juste envie d’éclater de rire… Non vraiment, bas le Masque ! Je ne sais pas qui sélectionne les manuscrits, mais il faut vraiment être en manque pour retenir un livre qui, d’une part, n’est pas un bon roman policier, et d’autre part, ne semble avoir d’autre fonction que de servir d’exutoire à la rage mal contrôlée d’une féministe en mal de règlements de comptes.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 1 décembre 2014 à 14 h 58