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Joël Champetier

LE VOLEUR DES STEPPES

Alire, Québec, 2007
629 pages
16,95 $

Le souffle y est, l’élégance de l’écriture aussi. Ce sont là des ingrédients auxquels Joël Champetier nous a habitués. L’auteur excelle également, à son habitude, à rendre poreuse la frontière entre le quotidien et le rêve, le logique et le magique. Quand certains personnages ajoutent leurs voix à celle du narrateur, on comprend que Champetier repousse plus loin les limites de son art : l’impétueuse Sarouette et le colosse Panserfio enrichissent le récit en proposant, l’une un conte, l’autre son autobiographie. L’auteur, en accordant ainsi les privilèges de l’avant-scène à plus d’un personnage, parvient par un détour habile à montrer la richesse de sa palette stylistique : la langue de Sarouette n’est pas celle du narrateur ; Panserfio, qui ne peut parler et que l’on croit simple d’esprit, se raconte dans un registre recherché, précis, presque suranné.

L’univers que crée Joël Champetier est à la fois déterminé et malléable. Le garde-chiourme peut devenir un ami, mais le clonage amenuise la zone de liberté et de mobilité des individus. Yarg, incurablement amnésique, perçoit obscurément que son passé survit en lui. L’esclavage, buriné dans les institutions et les mSurs, n’empêchera pas l’émancipation de plusieurs des figures du récit. Malgré cette relative instabilité des règles et des normes ou à cause d’elle, cohérence et imprévu coexistent.

Celles et ceux qui, comme moi, ont apprécié les précédents ouvrages de Champetier rangeront celui-ci parmi ses plus originaux.

Publié le 7 octobre 2007 à 13 h 14 | Mis à jour le 7 octobre 2007 à 13 h 14