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Numéro 84

Timothy Findley

LE VERGER DE PIERRES

Point de fuite, Outremont, 2001
203 pages
21,95 $

À peu près en même temps que paraissait sur les rayons son dernier roman traduit en français, Pilgrim, les éditions Point de fuite publiaient le récit Le Verger de pierres du célèbre écrivain canadien-anglais Timothy Findley. Sous-titré « Un bouquet de souvenirs », le livre est en fait composé de plusieurs récits dont certains, dans des versions préliminaires, ont paru dans les magazines Harrowsmith et Toronto Life Garden. Best-seller au Canada anglais à sa sortie en 1998, Le Verger de pierres retrace trente ans de vie en plein cœur de la campagne du Sud ontarien.

Effet de mode ? Quête de simplicité ? Depuis quelques années, plusieurs éditeurs ont publié des récits de ce genre où des citadins, plus ou moins célèbres et plus ou moins fortunés, venus s’établir à la campagne, racontent leurs aventures et mésaventures. Cela donne, parfois, des bijoux tels celui de Frances Mayes, Sous le soleil de Toscane, ou Le Verger de pierres.

Hymne à l’authenticité, à l’écologie, à la faune et à la flore, aux traditions et à l’esprit de solidarité campagnarde, le récit de Findley est une moisson d’images et de sensations. Les lecteurs de Findley y trouveront aussi, disséminées ça et là, quelques pistes qui éclairent son œuvre romanesque. Si Le Verger de pierres ne parvient pas à transformer tous les citadins en villageois, il donne tout de même le goût à travers la lecture de laisser la ville derrière soi pour quelques heures ou, mieux encore, de prendre, au volant d’une voiture, la première sortie d’autoroute menant à un coin vert avec des toits de maisons et un clocher. Car l’auteur parvient à nous convaincre qu’il se passe toujours des choses inusitées et inoubliables dans les campagnes, comme ce moment où Findley et son compagnon, Bill Whitehead, dispersent les cendres de la mère de Bill dans le jardin. « Brusquement, sans dire un mot, Bill m’a pris par le bras. Debout dans le champ juste derrière la clôture en dessous de l’étang, se tenait une grue du Canada solitaire. Pourquoi se trouvait-elle en cet endroit ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Je suis incapable de le dire. Mais je sais que les grues du Canada sont des oiseaux qu’on trouve dans l’ouest du pays, et la mère de Bill venait de Regina. » Et de ces anecdotes, parfois étranges, parfois banales, Findley a réussi à composer un « bouquet de souvenirs » où se mêlent humour et nostalgie.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21