Numéro 89

Peter Farrelly

LE SCÉNARISTE

Trad. de l'américain par Isabelle Taudière
Fayard, Paris, , ; 39,95 $, 2002
358 pages
39,95 $

Prenez un jeune homme de 32 ans bon chic bon genre de Boston, représentant des ventes (en France, on dit un commercial) pour une entreprise de transport maritime. Ajoutez-y une bonne dose d’American dream et, pour faire lever le tout, une grosse peine d’amour. Vous voilà avec le héros du roman du scénariste et réalisateur de plusieurs comédies qui ont fait les beaux jours du box-office des années 1990, Peter Farrelly, à qui ont doit, entre autres, les films Dumb and dumber, Fous d’Irène ou Mary à tout prix (au Québec, Marie a un je-ne-sais-quoi).

Au volant de sa vieille Arrow, Henry Halloran traverse tout le continent américain pour se retrouver ‘ l’auriez-vous deviné ? ‘ à Los Angeles à la poursuite de son objectif : devenir un scénariste renommé. À L.A., bien sûr, notre homme est confronté à tout ce qui peut exister de tordus, paumés et autres requins hollywoodiens. À commencer par cette première rencontre, sur le toit d’un immeuble de seize étages, avec une infirmière psychiatrique maniaco-dépressive qui a décidé de se suicider à la veille de ses 40 ans. Événement traumatisant qui lui inspire un article publié dans le Los Angeles Times qui, comme un aimant, attirera vers lui un nain psychologue et, Colleen, la sœur hystérico-manipulatrice de la suicidée qui deviendra, par la force des choses, sa colocataire envahissante. Sans parler de sa voisine aux seins siliconés, d’Herb qui s’est affublé d’un pseudonyme à consonance juive parce que seuls les juifs réussissent à faire carrière à Hollywood, d’un producteur véreux et tyrannique qui prend plaisir à se curer le nez au restaurant et de toute une cohorte de névrosés qui tourbillonne autour de l’apprenti-scénariste et serveur de restaurant aux allures de Gaston Lagaffe.

Il manque quelque chose au portrait, dites-vous ? Pas du tout car, bien sûr, toute cette histoire cousue des plus énormes clichés hollywoodiens se déroule sur fond d’alcool, de drogue et de sexe. Et si vous posez, avec la traduction dans le plus pur argot parisien, la cerise sur le sundae, vous aurez entre les mains ce que l’éditeur qualifie, en quatrième de couverture, de « véritable ovni littéraire, grand moment de la nouvelle littérature comique » où l’auteur semble régler ses comptes avec Hollywood « sur un fil tendu entre deux précipices : l’éclat de rire monumental et l’explosion du stylistiquement correct (sic) ». Faut aimer les « subtiles » comédies américaines et les ovnis littéraires !

Publié le 9 juillet 2003 à 10 h 50 | Mis à jour le 25 décembre 2014 à 10 h 29