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Mode lecture zen

NUIT BLANCHE

Le triomphalisme de la science à la fin du XXe siècle ne fait pas de doute. Exit la foi religieuse (ou autre), exit même la réflexion métaphysique : n’a droit de cité que ce qui est objectivement observable, extérieurement démontrable, scientifiquement reproduisible.

Certains signes laissent cependant croire que ce cycle touche à sa fin. En effet, non seulement la science s’aperçoit et avoue de plus en plus qu’elle n’arrivera pas à tout expliquer, mais la vitesse effarante de ses progrès nous balance toute une série de nouvelles questions qui ne sont manifestement pas de son ressort. Ainsi, le clonage et la technologie nous permettent d’entrevoir le moment où nous pourrons faire ce que nous voulons de l’humain et de la planète. Mais justement, que voulons-nous en faire ? Comment savoir ce qui nous servira le mieux… et comment s’entendre à ce sujet ?

C’est ainsi que la science, qui a toujours voulu, par son objectivité, jouer un rôle de rassembleur dans les débats entre les hommes, arrive au contraire à les diviser plus que jamais.

Benoît Garceau, qui a enseigné la philosophie pendant 27 ans à l’Université d’Ottawa et la théologie pendant sept ans à l’Université Saint-Paul, explique comment cette « lecture du réel » (la science) peut se conjuguer aux deux autres, soit la réflexion philosophique, c’est-à-dire l’appel à la raison et à l’introspection pour nommer les autres dimensions de l’expérience humaine (l’art, la vie morale, la conscience subjective), et la « lecture croyante », c’est-à-dire celle qui nous mène à la découverte de l’Autre, cet autre pouvant être à la fois notre voisin… ou Dieu lui-même, mot parfois « trop usé » auquel il n’est pas déraisonnable d’en substituer un autre si on veut. Cette rencontre des trois « lectures » peut très bien se faire non pas dans la rivalité, mais dans un but d’éclairage mutuel.

Pour la majeure partie du livre, le lecteur aura du mal à suivre les solides propos de l’auteur s’il n’est pas rompu à l’art de l’abstraction propre aux exposés philosophiques didactiques. Le dernier chapitre, toutefois, présente une synthèse assez claire qui ne peut qu’être utile à quiconque souhaite faire le point sur ces questions.

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