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Martin Winckler

LE RIRE DE ZORRO

Bayard, Paris, 2005
147 pages
31,50 $

L’auteur de La maladie de Sachs (1998) s’avère incroyablement prolifique depuis la parution de ce best-seller : pas moins d’une vingtaine d’ouvrages – essais et fictions – jalonnent son parcours des sept dernières années ! Ici, c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il nous parle de l’un de ses héros favoris : Zorro.

Quand le lecteur refermera ce livre, il saura tout ce qu’il y a à savoir sur le personnage : comment il fut créé en 1919 par Johnston McCulley dans une nouvelle intitulée « The Curse of Capistrano », puis incarné de façon magistrale au grand écran par Douglas Fairbanks en 1920, ensuite par un Tyrone Power moins rieur et plus grave en 1940, puis par l’inénarrable Guy Williams dans la série télévisée d’excellente qualité produite par Walt Disney et diffusée par ABC de 1957 à 1959, et enfin par le tandem Antonio Banderas-Anthony Hopkins dans la production récente de 1998, The Mask of Zorro.

Évidemment, cela ne résume pas l’immense filmographie du justicier masqué (que l’auteur reproduit en annexe), mais ce sont là, selon Martin Winckler, les œuvres marquantes. L’auteur en profitera pour nous faire une analyse de l’archétype : la double identité, la relation avec le père et avec différents personnages, en comparant les diverses versions, et en consacrant même quelques chapitres aux héros nés dans son sillage : Superman, Batman, Spiderman…

C’est un livre écrit dans une langue claire et vivante, qui relate moult détails sans jamais s’appesantir et qui se lit d’une traite. L’auteur ne se gêne d’ailleurs pas pour donner des accents personnels à son ouvrage, ouvrant celui-ci avec ses souvenirs d’enfance et le concluant avec une réflexion sur « les Zorro d’aujourd’hui », les vrais, pas les bretteurs : « Pour ceux qui, aujourd’hui, veulent lutter contre l’oppression en refusant de recourir aux armes de guerre, l’arme de paix la plus puissante, c’est le soin. […] Mais ne vous fiez pas à la blouse blanche : […] l’habit ne fait pas le moine. […] À quoi reconnaît-on, alors, les Zorro soignants ? À leur rire, évidemment ! »

Un petit livre passionnant, écrit par un passionné.

Publié le 18 septembre 2005 à 20 h 57 | Mis à jour le 18 septembre 2005 à 20 h 57