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Numéro 100

Dominique Wolton

IL FAUT SAUVER LA COMMUNICATION

Flammarion, Paris, 2005
224 pages
32,95 $

Sociologue des médias et directeur de la revue Hermès au CNRS, Dominique Wolton poursuit ici sa réflexion sur les enjeux de la communication amorcée en 1975. Après Penser la communication (1997), ouvrage théorique devenu une référence dans le domaine, Il faut sauver la communication explique en des termes beaucoup plus accessibles certaines mutations en contexte de mondialisation, définie comme « un accélérateur de contradiction » mettant en évidence de façon instantanée les différences entre les cultures, les manières de voir, les visions du monde.

La notion même de communication nous incite à considérer des phénomènes comme l’espace public, l’identité, la diversité culturelle, et surtout le dialogue avec l’autre. Selon Dominique Wolton, l’identité et la communication constituent « les deux piliers de la modernité ». Néanmoins, « la communication est fragile », « plus menacée que menaçante », car elle demeure à la base de la démocratie.

L’ouvrage débute avec un bilan de la recherche sur la communication depuis un siècle. On doit retenir à quel point celui à qui les messages s’adressent n’est jamais dupe : « […] la communication est un processus très complexe de négociation entre les idéologies et représentations du récepteur qui lui permettent de filtrer ce qui vient de l’extérieur ». Mais parler de communication éveille parfois les soupçons, des réserves, ce qui amène l’auteur à examiner les rapports entre les médias et les élites, les universitaires, les analystes des médias. Plusieurs exemples sont donnés, dont la téléréalité, « qui révèle les mutations sociales et culturelles ».

Plus loin, l’auteur étudie le phénomène de la multiplication des messages, des opinions et points de vue, maintenant diffusés partout dans l’espace public, en donnant l’exemple de l’information scientifique et technique : « […] les scientifiques ne sont-ils pas d’ailleurs souvent devenus des lobbyistes actifs ? » Dans la deuxième moitié de l’ouvrage, on retrouve désamorcées nombre des idées reçues quant aux nouvelles technologies (progrès de l’intelligence ?) et à la communication (qui réduira l’écart Nord-Sud ?).

Ouvrage riche en formules limpides prônant le respect de l’autre et la cohabitation culturelle, Il faut sauver la communication contient un message salutaire et constituera certainement la meilleure introduction à l’œuvre de Dominique Wolton.

Publié le 18 septembre 2005 à 20 h 59 | Mis à jour le 26 novembre 2014 à 11 h 34