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Numéro 82

Thomas Berger

LE RETOUR DE LITTLE BIG MAN

Trad. de l'américain par Danièle Laruelle
Du Rocher, Paris,
407 pages
38,25 $

Jack Crabb est de retour. Il a maintenant cent douze ans mais n’a rien perdu de sa verve. Dans le roman précédent, Little Big Man, il nous avait quitté après la désastreuse bataille de Little Big Horn dont il était le seul survivant blanc. Ayant perdu ses attaches indiennes, Jack est devenu un vagabond errant et pitoyable, qui fréquente la faune colorée des villes de l’Ouest. C’est ainsi que ses pérégrinations nombreuses et diverses vont faire de lui un témoin privilégié de plusieurs épisodes fameux de la dite « conquête de l’Ouest ». Jack Crabb va rencontrer ou retrouver des personnages légendaires comme Bat Masterson, Wild Bill Hickok, les frères Earp et Doc Holliday (avec l’inévitable épisode du règlement de comptes à O.K. Corral). Par la suite, Jack va accompagner Buffalo Bill et son Wild West Show dans les capitales européennes, nous raconter le meurtre de Sitting Bull, nous faire visiter l’Exposition universelle de Chicago.

En apparence, il y a là de quoi satisfaire le lecteur le plus exigeant et de quoi réjouir les amateurs de western ou les aficionados des histoires du Far-West. Pourtant, ce roman ne m’a ni enthousiasmé, ni même intéressé outre mesure. Contrairement au premier, qui avait bénéficié de son excellente adaptation cinématographique par Arthur Penn (avec Dustin Hoffman dans le rôle de Jack Crabb), cette suite n’a guère fait de vagues. Elle a été publiée avec la plus grande discrétion et n’a eu que très peu d’échos critiques aux États-Unis. Thomas Berger veut démystifier l’Ouest mais le thème manque totalement d’originalité. La littérature américaine compte d’innombrables romans qui nous révèlent le « vrai visage » de Wild Bill Hickok ou de Wyatt Earp. Des westerns iconoclastes qui dépeignent la saga du Far -West comme une affaire sordide pleine d’anti-héros patibulaires, il en est paru des dizaines ces dernières années ; rien de bien nouveau sous le soleil… On écoute toutefois poliment Jack Crabb, toujours aussi bavard et fin observateur des travers de ses contemporains, mais on le fait d’une oreille distraite, polie, comme si on avait déjà entendu tout ça.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 8 décembre 2014 à 12 h 48