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Numéro 92

Lise Demers

LE POIDS DES CHOSES ORDINAIRES

Sémaphore, Montréal, 2003
183 pages
18,95 $

Marceau, éminent professeur d’université, titulaire d’une importante chaire de recherche généreusement financée par les fonds publics que lui octroie son ami Vincent Lavigueur, un ministre déchu, alcoolique, accro au pouvoir et dépendant des avantages que lui procure sa position, s’apprête à voir la fin de sa brillante carrière soulignée par une cérémonie réunissant une foule de personnalités en vue, à commencer par Catherine dont il a toujours été épris, cette tragédienne naguère adulée, vivant recluse depuis la mort de son seul fils. Une heure seulement avant la réception, alors qu’il se remémore les grands moments d’une vie marquée par la tyrannie de son père et le lourd secret d’un double meurtre dont lui et ses amis d’adolescence furent témoins, son camarade Édouard Rivière, un journaliste à la plume incendiaire, banni de tous les quotidiens du pays, se prépare à dévoiler un important scandale dans lequel il serait impliqué. Le livre se termine sur la révélation d’une étonnante histoire d’expériences scientifiques menées sur des nouveaux-nés, pour le compte de la chaire dirigée par le professeur.

Au fil des pages, le lecteur pénètre avec intérêt dans les coulisses d’un gouvernement corrompu, géré par des individus assoiffés de pouvoir, où se trament d’importants complots. Cependant, le ton parfois trop journalistique de l’anecdote finit par agacer quelque peu, notamment à la toute fin, alors que se tient la conférence de presse donnée par Rivière et qu’une pléiade d’experts divulguent une panoplie de faits dont la longueur et la rigueur sont quelquefois lassantes. Cela dit, Le poids des choses ordinaires demeure un fort bon roman à l’intrigue finement ficelée. La majorité des personnages sont décrits avec profondeur et l’auteure n’hésite pas à creuser le passé de chacun d’eux afin d’illustrer l’hypocrisie de Marceau et de Vincent Lavigueur. D’une facture très actuelle et d’un style accessible à tous les genres de lecteurs, ce quatrième roman de Lise Demers se dévore aussi bien, sinon mieux, que tous ces best-sellers étrangers qui pullulent sur les tablettes des libraires.

Publié le 30 septembre 2003 à 11 h 13 | Mis à jour le 30 septembre 2003 à 11 h 13