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Larry Tremblay

LE MANGEUR DE BICYCLETTE

Leméac, Montréal, 2002
255 pages
25,95 $

Christophe a goûté à Anna. Il n’en a bu qu’une toute petite gorgée, mais le voilà ivre, assoiffé d’amour et d’émotions fortes. Dans un délire de poésie, de chansons, de photos et d’œuvres d’art, Christophe tente de reconstruire l’univers qu’il a perdu.

Il court, trébuche, et rampe jusqu’au jour où l’inévitable désespoir freine sa course. C’est alors qu’il décide de gagner les plages du Mexique en quête d’un peu de silence et d’oubli. « Seul le soleil brutal des Caraïbes éteindrait l’incendie qu’Anna avait allumé sous ma peau. » Dans ces lieux d’apparence paisible, Christophe fait la connaissance de Rita, Alfred, Andy, des personnages mi-anges, mi-démons qui le feront basculer successivement dans l’extase et le cauchemar.

Le dramaturge de renom Larry Tremblay nous livre son tout premier roman, une exploration insolite du naturel de la vie et du surnaturel de l’être. L’auteur réussit à surprendre, même à déboussoler, en transformant son personnage, un jeune homme troublé et vulnérable, en un monstre sexuel tempétueux. Il accueille gentiment le lecteur avec le récit d’événements cocasses et des péripéties loufoques, puis rapidement, ce dernier tombe dans le fantastique où apparaissent des êtres et des chimères invraisemblables guidés par des forces inconnues. « J’avais devant moi une dégénérée, mais aussi un maniaque imprévisible, un vampire puissant. »

Larry Tremblay s’amuse à mélanger la lucidité d’un regard et le fantastique, un style d’écriture qui risque de dérouter ou même de choquer les lecteurs non avertis. L’histoire est non seulement complexe mais également très salée. La sexualité, appelée tout simplement « le cul », prend une telle importance à la fin du roman qu’elle en gêne la lecture. Un revirement au ton un peu trop cru qui se lie difficilement au reste de l’histoire. Gare aux âmes chastes !

Publié le 7 juillet 2003 à 10 h 18 | Mis à jour le 7 juillet 2003 à 10 h 18