Numéro 81

Hélène Blanc, Renata Lesnik

LE MAL RUSSE

DU CHAOS À L’ESPOIR…

L’Archipel, Paris, 2000
403 pages
29,95 $

Dostoïevski, Tolstoï et Soljenitsyne nous ont fait connaître la Russie profonde. À travers leurs œuvres s’ouvrait un pays inaccessible, mais tellement vivant. Puis il y a eu la chute du régime communiste et l’ouverture au monde. Incrédules, nous avons regardé le peuple russe avide de liberté faire ses premiers pas dans un monde démocratique et capitaliste. Mais ce bouleversement ne s’est pas fait sans heurts. Hélène Blanc et Renata Lesnik, deux expertes de la question russe, analysent cette renaissance douloureuse. Le Mal Russe, Du chaos à l’espoir , c’est la descente aux enfers d’une population qui espérait un monde meilleur.

Le chaos : la corruption chronique, présente dans toutes les couches de la société russe. Certains individus sans scrupule tentent d’amasser des fortunes colossales au détriment de la population. L’aide internationale a été détournée, on a pillé les ressources naturelles de certaines régions et les chefs des puissantes oligarchies ont fait de la Russie le pays le plus pollué de la planète. La vie politique est riche en rebondissements : « De 1992 à 1999, le président Eltsine a limogé plus de deux cents ministres et une bonne cinquantaine de vice-Premiers ministres. » Difficile de croire aux vertus de la démocratie lorsqu’un individu sortant de prison se voit offrir la direction du ministère des Finances. Pendant que les dirigeants font l’apprentissage de la démocratie, la population s’appauvrit et perd confiance.

L’espoir, néanmoins : « Pendant les soixante-quinze ans de communisme et avant, ils ont vécu des choses terribles, mais ils gardent l’espoir, et continuent à croire en un avenir meilleur. Outre leurs talents multiples, ils ont le don du cœur, la bonté, la compassion. »

Voilà un livre qui aurait pu nous permettre de mieux comprendre ce pays en perpétuel changement. Malheureusement, les auteures ont choisi d’aligner des anecdotes sans vraiment analyser en profondeur le problème russe. L’éditeur aurait eu avantage à réviser le manuscrit, car la qualité de l’écriture ne permet pas de garder l’intérêt du lecteur, découragé par un style lourd et l’usage abusif des points de suspension.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 5 novembre 2014 à 17 h 13