Gaétan Bélanger

LE JEU ULTIME

David, Ottawa, 2001
243 pages
17,00 $

On nous enseignait autrefois qu’un bon dénouement est logique, complet, inattendu, et, en étudiants poliment contestataires, nous n’en finissions pas de protester contre le caractère apparemment contradictoire de ces exigences. Nos professeurs auraient peut-être évité bien des discussions oiseuses si, tout simplement, ils nous avaient plongé plus généreusement dans le roman policier. Les meilleurs spécimens de ce genre littéraire répondent, en effet, à ces critères. S’y mêlent le classique et l’inédit, le logique et l’imprévisible, le familier et le dépaysant.

Ce premier polar de Gaétan Bélanger va assez loin dans la recherche de ce difficile équilibre. Le contemporain y trouve son compte, car il recherche les émotions fortes promises par les jeux extrêmes. Une menace surgit que rien ne semble justifier. Le crime qui appelle la sanction laisse aussi peu de traces que les usurpations d’identité courantes sur Internet et il se peut que la punition frappe un autre que le coupable. La confiance, qui conduira ou pas aux révélations indispensables, s’établit ou se refuse de la façon la plus sélective et la moins logique qui soit. En ce sens, il y a réussite, car le filon est riche, la logique criminelle plausible et implacable, l’identification du criminel aléatoire et intelligemment entêtée.

Maintenant qu’il s’est révélé apte à construire un scénario, il restera à Gaétan Bélanger à parfaire les dialogues, le style, les transitions. S’il y parvient, l’écrivain aura rejoint le romancier.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21