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Martine Castello, Vahé Zartarian

LE GRAND ROMAN DES BACTÉRIES

PEUVENT-ELLES SAUVER LE MONDE ?

Albin Michel, Paris, 2005
224 pages
30,95 $

Les bactéries, ce sont plus que de microscopiques petites bêtes. Elles sont essentielles à notre existence, elles seraient même notre raison de vivre, selon Martine Castello et Vahé Zartarian. Les bactéries sont au cœur du fonctionnement de l’être humain et de tous les êtres complexes de la planète. Et ce n’est pas peu dire : chaque être humain en porte près de 100 000 sur chaque centimètre carré de son corps ! Bien que dénigrées à cause de quelques-unes d’entre elles qui sont porteuses de maladies affreuses, les bactéries sont généralement inoffensives. Mieux, elles seraient la planche de salut de toutes les formes de vie terrestre. En effet, elles ont inventé des systèmes de survie nouveaux et ingénieux à faire pâlir d’admiration les sages de ce monde. Les concepts de Gaïa, de champs morphiques, etc., bref, ces théories jugées hérétiques il n’y a pas si longtemps encore, rencontrent de moins en moins de résistance de la part des scientifiques, et ce, grâce aux études sur les bactéries.

Origine et destin de toute vie, les bactéries ont créé d’autres mécanismes évolutifs que la lutte de tous contre tous. C’est ce qui fait que les spécialistes commencent sérieusement à se pencher sur leur inventivité hors normes, qui remet en question le fameux concept darwinien de l’adaptation des plus forts. Aussi, ces très chères bactéries – et il y en a de toutes formes et de tout acabit – méritaient bien un grand roman. Ce livre bien structuré est écrit sous la forme d’une enquête avec reconnaissance du terrain et explications plausibles. Il faut dire que les auteures sont toutes deux au fait des dernières recherches en la matière et elles le démontrent dans des chapitres intitulés « comment on le sait ».

Il aura fallu des siècles, rien de moins, pour que l’hypothèse microbienne soit enfin considérée par le collège des médecins qui s’en tenaient, depuis toujours, à la théorie des miasmes d’Hippocrate sur l’origine des maladies. Ces bactéries ne sont pas, loin s’en faut, des êtres simples (d’esprit ?), elles permettent de nombreuses ouvertures médicales, écologiques, industrielles, pharmaceutiques Ces si microscopiques vies font la preuve qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi !

Publié le 18 septembre 2005 à 17 h 06 | Mis à jour le 10 novembre 2014 à 10 h 37