Numéro 77

Alain Roy

Le grand respir

Boréal, Montréal, 1999
204 pages
22,50 $

Le plaisir des bons recueils de nouvelles, c’est pouvoir les déguster page après page, histoire après histoire, sans hâte, sous la couette ou bien calé dans son fauteuil favori, les pieds croisés sur un tabouret capitonné. Le grand respir d’Alain Roy est de ceux-là.

Le soir de Noël à Prague, un couple est à la recherche d’un restaurant qui accepterait de les accueillir. Un photographe, pour le moins original, compose ses sujets, dans tous les sens du terme ! Le « graviton » et le poids de l’univers sont expérimentés de l’intérieur par un obèse. Deux momies, répliques de Roméo et Juliette, éprouvent toujours la fougue des amours de jeunesse… Voilà quelques-uns des sujets que traite avec brio Alain Roy.

« Le monde est rempli d’énigmes. Mais sans énigmes, dites-moi, que serions-nous ? » L’imagination de l’auteur est, sans contredit, l’un des ingrédients de la réussite de ce recueil. Alain Roy croise en effet en bordure du fantastique et de l’insolite sans toutefois y camper toujours totalement ses histoires. Entre la banale quotidienneté et l’étonnement, le plaisir tient justement dans cette évolution vers l’étrange, ce glissement s’effectuant toujours avec habileté. Son écriture claire et bien rythmée, dont on souligne à juste titre, sur la quatrième de couverture, le classicisme, ajoute encore au plaisir de lire les aventures de personnages somme toute plutôt sympathiques. La brièveté des textes a ici tout pour nous ravir puisque s’y trouve concentrée la saveur d’une remarquable créativité.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21