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Hedwidge Asselin

LE GOÛT DE L’ENCRE

RÉTROSPECTIVE MONIQUE CHARBONNEAU

Presses de l'Université Laval, Québec, 2009
142 pages
37,95 $

Le rapport de l’encre et du papier est un rapport singulier, bien connu de ceux qui le provoquent, à savoir les écrivains, les dessinateurs, les graveurs. Nous autres profanes, nous ne connaissons que les produits qu’engendre une telle rencontre et à laquelle participe l’esprit créateur. Ce sont le livre, le dessin, l’estampe. En réfléchissant quelque peu, on arrive à leur trouver un lien certain de parenté. Et lorsqu’en plus une bibliothèque choisit de les réunir dans ses espaces publics, alors c’est une heureuse réunion de famille.

C’est justement l’idée qu’a eue la Grande Bibliothèque de Montréal en proposant au public une rencontre avec l’œuvre de Monique Charbonneau, figure importante de l’art québécois. Peintre au départ, elle découvre et s’éprend de la gravure. À ce moment-là, dans les années 1960, l’estampe est en plein essor dans la province. La gravure s’installera dès lors dans son œuvre et l’artiste la pratiquera jusqu’en 1995 avec une passion discrète, comme le souligne Lise Bissonnette qui présente le catalogue accompagnant cette exposition et qui, par ailleurs, donne à voir aussi quelques peintures de Monique Charbonneau.

Puisqu’il s’agit de dire la passion d’une artiste pour l’encre, on pourrait se demander pourquoi mélanger peinture et gravure. Une réponse simple serait de dire qu’il y a là une volonté de montrer tous les champs d’expression pratiqués par Monique Charbonneau. On pourrait aussi penser qu’en les mettant dans un même espace, serait créée une parfaite occasion de comparer peinture et gravure. Et c’est là qu’intervient ce texte superbe de Georges Leroux, qui a souvent abordé des questions relevant de l’esthétique dans le domaine de l’art contemporain.

Bien entendu, il y a dans ce catalogue la fascinante traversée de l’œuvre de Monique Charbonneau que nous propose Hedwidge Asselin, commissaire de l’exposition. Ses choix sont judicieux et reçoivent l’approbation de l’artiste. Ainsi, voyage-t-on de thème en thème, passant d’un médium à l’autre. Et dans ce parcours fascinant, on découvre le livre d’artiste qui nous fait prendre conscience d’un tout autre lien de parenté : celui de l’image et du mot, cette fois.

Publié le 30 décembre 2009 à 17 h 20 | Mis à jour le 23 novembre 2014 à 13 h 38