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Numéro 79

François Guérif

LE FILM NOIR AMÉRICAIN

Denoël, Paris, 1999
413 pages
45,00 $

Ce livre reprend dans une version augmentée et mise à jour un ouvrage épuisé, publié sous le même titre en 1979 chez Henri Veyrier, excellente maison d’édition qui a depuis fermé ses portes. On pourrait définir le film noir comme un genre privilégiant les films policiers ou d’espionnage, dans lesquels les situations sont souvent tendues et prêtent habituellement à un suspense, s’inspirant souvent — mais non exclusivement — du roman noir américain. Beaucoup des scènes de ces films ont lieu la nuit — d’où le nom du genre —, ce qui permet d’utiliser un habile dosage de lumière et de pénombre, ingrédients indispensables à la dramatisation et donnant lieu à une esthétique particulière.

Des films comme Le faucon maltais de John Huston (d’après Dashiell Hammett), Le grand sommeil de Howard Hawks (d’après Raymond Chandler) et La dame de Shanghaï d’Orson Welles en sont les exemples les plus célèbres. On compte toutefois, en plus de ces classiques, beaucoup de longs métrages de série B, réalisés en vitesse par des réalisateurs de métier mais — à première vue — sans grande originalité créatrice. Qu’elles soient ou non devenues des classiques, ces œuvres, avec leurs détectives, leurs policiers et leurs bandits sadiques, ont su créer un univers cohérent et constituent désormais un genre : le film noir.

Avec la réédition de nombreux films américains, en cassette vidéo et en DVD, on constate un regain d’intérêt pour cette période correspondant à un certain âge d’or du cinéma américain. Plusieurs études sur le sujet viennent d’ailleurs de paraître aux États-Unis et en Angleterre : Mean Streets and Raging Bulls, The Legacy of Film Noir in Contemporary American Cinema de Richard Martin (Scarecrow Press), The Naked City, Urban Crime Fiction in the USA de Ralph Willet (Manchester University Press), ou encore More Than Night, Film Noir and Its Context de James Naremore (University of California Press).

La grande force du livre de François Guérif réside dans son étonnante connaissance du corpus et l’organisation à la fois thématique et chronologique des chapitres de l’ouvrage, sans compter les magnifiques photographies si judicieusement choisies. Même après plus de vingt ans, Le film noir américain demeure la meilleure référence de langue française sur le sujet.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 8 janvier 2015 à 17 h 02