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Caleb Carr

LE DIABLE BLANC

CALEB CARR

Trad. de l'américain par Jacques Martinache
Presses de la Cité, Paris, 1999
388 pages
24,95 $

Il existe peu de documents sur la vie de celui qu’on connaît sous le nom de Diable blanc, la famille de cet Américain devenu mandarin en Chine au début du siècle ayant vu à détruire tout ce qui le concernait. Par conséquent, les épisodes de la vie de Frederick Townsend Ward relatés par Caleb Carr proviennent de déductions basées sur certaines circonstances historiques, grâce également à la recherche obstinée menée par l’auteur de L’aliéniste .

Frederick Townsend Ward, surnommé le Houa (« Le Dieu Blanc »), est né à Salem, dans le Massachusetts. Il débarque en Chine, un beau jour de l’an de grâce 1859 ; il ne devait jamais s’en expatrier. Passionné de stratégies militaires et bouillonnant du sang chaud des guerriers, le jeune aventurier offre ses services comme mercenaire au gouvernement impérial qui livrait une lutte acharnée à un mouvement de mystiques de tendance chrétienne qui menaient la guerre, dans la région de Shanghai, au nom d’un dieu supérieur. Les victoires sur le champ de bataille amenèrent naturellement Frederick Townsend Ward, avec une forte dose de diplomatie et d’opportunisme, à former une armée disciplinée et orgueilleuse à combattre efficacement les Occidentaux. Le déluge d’assauts réussis et l’accumulation des conquêtes le firent remarquer des monarques mandchous qui lui délivrèrent donc l’autorisation d’arborer la prestigieuse plume de paon à son chapeau, symbole du mandarinat.

Comme le mentionne Caleb Carr, Frederick Townsend Ward et son Armée-Toujours-Victorieuse ont montré la voie vers une autre Chine. L’empire édifia un culte à un homme venu de chez le Grand Satan et disparu sur les terres de l’Empire du Milieu. Un premier homme blanc a pénétré dans la Cité interdite. Toute une épopée…

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 17 décembre 2014 à 19 h 00