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Bruno Jobin

LE CRIME DE BLANCHE-NEIGE

Trait d'union, Montréal, 1999
346 pages
24,95 $

Après Cendrillon et la Belle au bois dormant, Bruno Jobin change d’éditeur et transfère ses contes de fées criminels chez un nouvel éditeur. Cette fois, c’est Blanche-Neige qui est en vedette… Difficile, en lisant les premières pages de ce roman, de ne pas se rappeler Nikita, le film de Luc Besson (1990) avec l’extraordinaire Anne Parillaud, repris (scène par scène) par l’Américain John Badham, sous le titre de Point of no Return (1993), avec Bridget Fonda ; l’histoire a par la suite été adaptée pour la télévision. Dans le roman de Bruno Jobin, une jeune femme séduisante, Blanche-Neige, est enrôlée de force (la vie de son père sert de monnaie d’échange) par une mystérieuse et improbable agence de Services spéciaux. Une série de meurtres inexpliqués, la présence d’un journaliste un peu trop futé, et une action qui déboule à toute allure sont les principaux ingrédients de ce polar un peu trop ambitieux. Une fois de plus, car c’est là le défaut principal des trois romans de Bruno Jobin, l’action est envahissante au détriment d’une certaine épaisseur psychologique, les personnages apparaissent le plus souvent comme des marionnettes, des pions dans un jeu de massacre savamment orchestré. Sans qu’il y ait là rien de péjoratif, je dirais que tout ça tient plus de la bande dessinée que du roman. Toutes proportions gardées, le style strictement narratif, presque journalistique de l’auteur, me rappelle celui de Pierre Saurel et de sa série populaire le Manchot. De l’action, de l’action et encore de l’action… Ça ne fait pas nécessairement un bon roman policier ! Et même pour un lecteur qui ne veut pas trop se casser la tête avec toutes sortes de considérations psychologiques ou autres, il reste que l’histoire est longue, les personnages fort nombreux, ce qui fait qu’on a tendance à perdre le fil d’une intrigue qui mériterait d’être resserrée. L’idée de faire une série de romans basés sur les contes de fées est originale. Souhaitons qu’une fois arrivé à Barbe-Bleue ou au Petit Chaperon rouge, l’auteur ait appris à humaniser davantage ses personnages afin qu’on puisse y croire. Pour le moment, ce n’est pas encore le cas.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 12 janvier 2015 à 12 h 46