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Mode lecture zen

NUIT BLANCHE

Dans son bouquin précédent ( Le perroquet qui fumait la pipe, Le Nordir, 1998), Claude Forand avait prouvé son aptitude à conduire de courtes nouvelles jusqu’à ces chutes qu’on aime logiques et déroutantes. Il démontre cette fois qu’il peut, comme dirait le coureur de fond, tenir la distance. Son roman, noir à souhait, ne manque ni de souffle ni d’ingéniosité. Et la chute n’est finale qu’à la toute dernière ligne.

Bouquin parfait ? Non pas. Certaines relations se nouent trop vite pour qu’on puisse les croire sans danger. Qu’un enquêteur sache, dès le retour au bercail de la belle inconnue, qu’il peut lui accorder toute sa confiance, voilà qui étonne un peu. Que, comme par hasard, cette belle subitement promue partenaire se double d’une experte en cultes sataniques, voilà qui ressemble au deus ex machina. La pédagogie est sommaire.

Ne boudons quand même pas notre plaisir. Ce polar recrée fort bien l’ambiance étouffante d’une petite collectivité traversée par les mensonges, les vices cachés, les haines refoulées. Il garde son lecteur sur le qui-vive jusqu’à un stade avancé du déroulement. En resserrant encore quelques écrous, Claude Forand saura nous donner tout à l’heure l’œuvre rigoureuse et implacable dont on le sent porteur.

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