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Le cartel des volcans

Patrice Robitaille

LE CARTEL DES VOLCANS

David, Ottawa, 2013
147 pages
21,95 $

Le cartel des volcans, troisième roman de Patrice Robitaille, s’inspire d’un fait divers : en décembre 2010, un pipeline explose à San Martin au Mexique à la suite d’une maladresse des narcotrafiquants qui le siphonnaient. Le pétrole en feu s’écoule jusqu’à la ville. Bilan : 25 morts et de nombreux bâtiments brûlés. Pourquoi ? Qu’est-il arrivé ? Robitaille imagine l’histoire de Juan Esteban Duarte et de son frère Diego, de cinq ans son cadet.

Une histoire sombre, racontée d’une manière presque sèche. L’auteur ne se répand pas en descriptions des états d’âme, se contentant de mettre l’accent sur les événements fondamentaux qui ont fait des deux frères ce qu’ils sont : Juan, le bandit ; Diego, le bon. Juan, le blessé puis le révolté ; Diego, la victime puis le sage.

L’intrigue est simple, tout comme les caractères des personnages : de vrais bandits, des saints, des braves gens. En choisissant d’écrire un roman de 130 pages (presque une novella), Robitaille s’est donné une contrainte d’autant plus importante que la situation qu’il raconte est complexe, car rien n’est simple dans le monde de Juan Esteban : un père narcotrafiquant assassiné par son patron, une mère violée par ce même patron, un frère dont il apprend qu’il est le résultat du viol, une mère qui s’enfuit avec l’ancien complice de son mari et qui abandonne ses enfants à l’orphelinat tenu par un vieux franciscain québécois. Il fallait donc réussir à rendre les événements crédibles sans épanchements. À la limite, une écriture presque journalistique, incisive, précise qui laisse au lecteur la responsabilité d’aller au-delà des faits.

Pour relancer son récit, Robitaille a choisi d’utiliser des retours en arrière qui dans l’ensemble sont efficaces, mais qui entraînent parfois certaines répétitions, des événements étant relatés plus d’une fois sans que soient ajoutés d’éléments nouveaux. Stylistiquement, Robitaille a choisi de faufiler dans le texte plusieurs mots espagnols dont il donne la traduction dans un glossaire. Cet apport donne une couleur locale au texte, mais il aurait été intéressant que cette couleur découle davantage des descriptions.

Publié le 4 avril 2014 à 20 h 59 | Mis à jour le 4 avril 2014 à 20 h 59