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Michel Verrette

L’ALPHABÉTISATION AU QUÉBEC

1660-1900, EN MARCHE VERS LA MODERNITÉ CULTURELLE

Septentrion, Sillery, 2002
191 pages
27,95 $

L’alphabétisation au Québec est une « version remaniée d’une thèse soutenue en 1989 » à l’Université Laval et rédigée sous la direction de Claude Galarneau, lequel fait aujourd’hui office de préfacier. Ayant comme objectif principal l’« étude globale du développement de l’alphabétisation de l’ensemble de la société » québécoise, l’ouvrage examine les registres des mariages d’un échantillon de 49 paroisses situées essentiellement dans « la plaine laurentienne » et prend comme indicateur la signature ou la non-signature des conjoints.

Après avoir expliqué sa méthodologie au premier chapitre, l’auteur refait dans les grandes lignes l’histoire de l’éducation au Québec en montrant notamment la place majeure prise au fil des ans par le débat entre l’Église et l’État quant au contrôle de l’école, de même que l’effet des différentes législations scolaires et, partant, les avancées et les reculs de l’alphabétisation. Au passage, Michel Verrette corrige certaines idées reçues, comme celle du « retard de l’alphabétisation au Québec au XIXe siècle ». Les propos de l’abbé Lionel Groulx concernant les supposées « conséquences désastreuses » de la Conquête de 1760 « sur le futur développement culturel de la province » sont également revus et précisés. La tradition voulant que « les femmes aient été plus instruites que les hommes » est quant à elle un « mythe historique », soutient l’essayiste.

Mais en même temps qu’il remet en question ces opinions peu discutées, le chercheur demeure conscient des limites de son travail et fait preuve de grande prudence : il reconnaît « le caractère approximatif de[se]s recherches » parce que de « nombreuses cases » demeurent « vides » dans le portrait général qu’il trace, dont le tableau montréalais, absent de l’étude à cause de son statut particulier.

Une nouvelle édition de ce livre important aura avantage à arborer un format plus compact et, surtout, devra être débarrassée de ses coquilles actuelles, dont certaines sont très voyantes : « Arthur Buis » et les « Irlandains » en sont deux exemples parmi d’autres.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 16 février 2015 à 11 h 30