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Numéro 102

Chantal Brunet

LA VIE VAUT MILLE MAUX

Mortagne, Boucherville, 2005
301 pages
19,95 $

À trente ans, on lui apprend qu’elle a le cancer du sein. Sept ans plus tard, après une mastectomie et deux rémissions, le cancer s’est généralisé. Elle sait que la fin est proche. Entre-temps, elle aura eu le temps de vivre des expériences extraordinaires, comme de participer à une compétition internationale de bateau-dragon à Vancouver – avec vingt et une coéquipières atteintes de la même maladie – ou de jouer le rôle de porte-parole de la Fondation du cancer du sein du Québec en 2004.

Elle y raconte son enfance difficile et ses premières années de l’âge adulte, sans s’y attarder mais pour bien mettre en place l’essentiel de son propos, puis son long chemin de cancéreuse, sans rien cacher de ses souffrances mais sans s’apitoyer non plus, en insistant sur les très nombreux moments de bonheur qu’elle a connus au cours des dernières années. Comme tant de gens pour qui, paradoxalement, un grand malheur semble constituer une sorte de planche de salut, elle nous confie : « À peine quelques mois auparavant, on m’avait dit que j’étais atteinte d’une maladie incurable, que j’allais mourir. Pourtant, je me sentais bien […]. Comme si la vie m’avait fait mal et que la maladie m’avait fait du bien ».

Dans la foulée, elle en profite pour multiplier les informations : des informations factuelles sur la maladie et les mots qui servent à en parler, mais aussi un témoignage qui décrit avec simplicité, franchise et lucidité ses réactions intérieures, sa façon de vivre cette épreuve innommable, à l’intention, cette fois, non seulement de ceux et celles qui traverseront la même « tempête », mais aussi de tout leur entourage : la famille, les amis, les soignants, pour qu’ils sachent, qu’ils comprennent mieux,… qu’ils n’aient pas peur.

Au passage, des considérations sur une forme (ou plutôt des formes) de spiritualité qu’elle a redécouverte(s) et explorée(s), et sur les prises de conscience qui les ont accompagnées. Toujours en gardant les pieds sur terre, jamais dans un but de convaincre, uniquement pour témoigner, pour faire savoir. Pour aider.

Publié le 1 mars 2006 à 15 h 05 | Mis à jour le 29 novembre 2014 à 21 h 46