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Numéro 103

Edmond Outin

LA QUÊTE DU HÉROS

Dervy, Paris, 2005
129 pages
21,95 $

Dans son essai intitulé La quête du héros, Edmond Outin s’inspire de la dichotomie traditionnelle séparant le monde des idées de celui de la foi – ce qui le conduit à renouer avec l’opposition fondamentale du logos et du mythos, caractéristique de la pensée grecque ancienne – pour encadrer, justifier et expliquer l’odyssée du héros qu’il nomme le « Cherchant ». Le texte propose plus précisément au lecteur un parcours de la quête de la connaissance à travers différentes époques de l’Histoire. S’appuyant sur des préceptes provenant de religions et de cultures diverses, l’auteur étudie les fondements de l’identité (celle du héros, c’est-à-dire de celui qui ose s’aventurer sur les chemins houleux du savoir) à travers la formation et de l’évolution du moi : « [C]’est en avançant dans la connaissance, qu’il [le héros] perfectionne son moi, partie cachée et enfouie en lui-même. Mais sans travail, sans effort de recherche, pas d’amélioration possible ! »

Sept grandes phases caractérisent l’évolution du Cherchant : « Le grand réveil », « Vivre le réel », « Devenir soi-même », « Le passage », « L’authenticité », « L’héritage » et « Le héros ou l’épopée mystique ». Le cheminement proposé par Edmond Outin montre les principales étapes que l’initié doit franchir pour en arriver à une totale ouverture et à une perception du monde « Imaginal » – « le monde de l’initié » -, qui s’avère la véritable concrétisation de l’accès à la connaissance. Par le moyen de références érudites aux traditions religieuses arabe, catholique et juive, Edmond Outin dresse un panorama des motivations du « mystique » à travers les âges, motivations qui, bien que propres à chacune des cultures, sont présentes chez l’ensemble des peuples, similitude qui constitue un jalon important dans la démonstration. La quête du héros consiste en définitive en un court essai pas inintéressant, qui aurait cependant gagné à définir d’entrée de jeu de manière concrète son objet d’étude. L’utilisation de nombreuses citations, provenant à la fois de textes sacrés et d’études d’auteurs qui se sont également intéressés à la question de la quête, donne parfois l’impression d’une surenchère, ce qui a malheureusement pour effet de disperser quelque peu l’attention du lecteur.

Publié le 17 juin 2006 à 16 h 45 | Mis à jour le 17 juin 2006 à 16 h 45