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Stephen King

LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON

Trad. de l’américain par François Lasquin
Albin Michel, Paris, 2000
331 pages
29,95 $

Stephen King est un écrivain très surprenant. En mars 2000, Riding the bullet (un récit de 66 pages) est paru directement dans Internet et plusieurs sites Web ont été envahis par les admirateurs du maître de l’Horreur. Quelques mois plus tard, c’est La petite fille qui aimait Tom Gordon qui est édité. Comment King procède-t-il ? On sait qu’il travaille sur plusieurs livres à la fois, et que les délais de traduction sont de plus en plus courts : une année maximum entre l’édition américaine et l’édition française.

Suivant Sac d’os (Albin Michel, 1999), ce dernier roman plus condensé de notre prolifique auteur est divisé en neuf « manches » comme un match de baseball, au lieu de l’être en chapitres traditionnels. Trisha McFarland, jeune fille de neuf ans dont les parents sont divorcés, se perd malencontreusement ‘ malgré la présence de sa mère ainsi que de son frère ‘ en forêt au cours d’une randonnée. Après de vains essais pour se repérer, elle constate avec stupeur qu’elle est totalement désorientée. Et, de plus, une voix intérieure perverse la perturbe souvent par des arguments négatifs sur ses chances de survie. Ce procédé narratif n’est pas sans rappeler le roman Jessie (Albin Michel, 1993) du même auteur. L’horreur, dans son ultime acception, va donc s’acharner sur notre jeune héroïne et la « nature » représenter tout autre chose qu’une simple excursion dans une forêt du Maine traversée par la Piste des Appalaches. C’est, en grande partie, un simple baladeur qui va contribuer à sauver Trisha : en écoutant les matchs de baseball dans lesquels évolue son héros Tom Gordon ‘ lanceur étoile des Red Sox ‘ qu’elle évoque constamment durant son errance, elle parvient à conserver son équilibre mental. Il y a de plus étranges dimensions à découvrir dans ce roman assez percutant, dans lequel le fantastique occupe une bien curieuse place

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 17 janvier 2015 à 16 h 56