Numéro 91

Claude Guilmain

LA PASSAGÈRE

Prise de parole, Sudbury, 2002
103 pages
15,00 $

Ève-Marie et Maurice sont des amis d’enfance, deux jeunes artistes au talent prometteur. Ève-Marie veut devenir chanteuse d’opéra ; Maurice rêve d’être pianiste de concert. Ils partent ensemble de Montréal, en 1910, pour s’inscrire au Conservatoire de Paris. Tous les espoirs leur sont permis.

Ce que recherche Ève-Marie, c’est la performance technique, la scène, la reconnaissance et la gloire. Maurice, lui, est plutôt axé sur la profondeur de l’interprétation, l’importance de rendre justice à une œuvre en s’y livrant corps et âme, en y prenant un plaisir authentique.

Tout en suivant le fil de ces deux vies, on assiste à la guerre que se livrent l’Allemagne et l’Angleterre dans la course au paquebot qui traversera le plus rapidement l’Atlantique. Le dix avril 1912 a lieu le voyage inaugural du Titanic et quatre jours plus tard, son naufrage. Sur ce majestueux et insubmersible géant des mers, se trouvait Ève-Marie, que ses choix de carrière et de vie avaient amenée jusque-là. Pourquoi ? Comment ? C’est ce que l’on découvre au cours de la pièce.

La musique est très présente dans cette création. Il faut obligatoirement un pianiste-comédien, où, au pis-aller, une trame sonore très habitée. Il est également à noter qu’on ne retrouve pour ainsi dire pas d’indications scéniques dans l’ouvrage. C’est que l’auteur a l’habitude de monter ses pièces lui-même. Les changements de lieu, de voix et d’action s’enchaînent sans avertir, ce qui peut étonner à lecture.

Cette pièce est un mélange d’histoire, de mélodrame et de musique. Elle apporte par ailleurs des éléments de réflexion sur l’ambition, toujours aussi discutable, qu’elle soit d’envergure nationale ou individuelle.

Publié le 18 juin 2003 à 21 h 30 | Mis à jour le 18 juin 2003 à 21 h 30