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Numéro 79

Max Dorra

LA MACHINE À DÉPLIER LE TEMPS

Flammarion, Paris, 2000
215 pages
24,95 $

Étrange, ce petit livre qu’on qualifie de « romans » sur la page de couverture. Pourquoi le pluriel ? Et pourquoi pas « récits » ? Au décousu d’une prose plutôt réussie s’ajoute, en filigrane, un penchant certain pour la psychanalyse. Les thèmes évoqués tournent autour de la mémoire, du passé — donc du temps —, de l’angoisse à surmonter, des peurs… Défilent également dans ces courts textes plusieurs personnages célèbres : Magritte, Gould, Mozart, Proust, Papon, Céline et j’en passe !

Une histoire d’amour, prétexte à tous ces récits, les appelle, les uns après les autres, s’y intercalant. Chronique d’une liaison passée qui ne nous apprend pas grand-chose des protagonistes, si ce n’est une partie de leur histoire par les textes qu’elle inspire. Un bilan ? Le testament d’un amour ? « [U]ne lettre de rupture et d’amour », nous dit-on en quatrième de couverture. Une phrase peut d’une certaine manière présenter le projet — s’il en est un — de La machine à déplier le temps : « Tels les contes des Mille et Une Nuits , les histoires se trouvaient alors enchâssées dans une autre narration qui leur imposait des thèmes, leur dictait des mots, les enfermait dans sa tonalité. » Vu sous cet angle, La machine à déplier le temps peut présenter un intérêt. Déroutants, tout de même, ces « romans » qui tiennent davantage des nouvelles que du roman proprement dit. Car à l’ambiguïté du genre s’ajoute aussi celle des personnages qu’on connaît à peine plus à la fin qu’au début de la lecture.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 21 décembre 2014 à 17 h 07