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Numéro 79

Mackenzie Michael

LA BARONNE ET LA TRUIE

Trad. de l'anglais par Paul Lefebvre
Les herbes rouges, Montréal, 1999
86 pages
14,95 $

Nous voici à Paris, à la fin du XIXe siècle, au château d’une jeune baronne qui nourrit un projet pour le moins étonnant : celui de former une « enfant sauvage » pour en faire sa « bonne de rez-de-chaussée ». Mais les forêts sont vides ! La seule candidate qu’elle arrive à trouver, c’est Émilie, une jeune fille de la campagne, jetée dans l’enclos des porcs dès sa venue au monde.

Le sujet est on ne peut plus théâtral. Opposer baronne et truie, ça fait image. Par contre, on peut facilement basculer dans la grossière caricature. Ce qui n’est pas le cas !

Le texte de la pièce est un agréable mélange d’humour, de subtilité et de sensibilité. L’auteur est un bon évocateur, et il se sert de son pouvoir pour parler à l’intelligence du lecteur. C’est un cadeau qu’il nous fait. C’est si agréable de se poser des questions, de chercher à comprendre, de s’étonner, de rire, de jouer à deviner les motivations. Bravo! J’ai ri et j’ai été émue également, touchée par la connivence à la fois ludique et douloureuse des deux femmes en présence. Une pièce à lire, mais surtout à monter et à faire voir !

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 29 janvier 2015 à 13 h 44