Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > L’ODEUR DES PIVOINES

Numéro 82

Maryse Pelletier

L’ODEUR DES PIVOINES

La courte échelle, Montréal, 2000
172 pages
19,95 $

Auteure de romans jeunesse, scénariste et dramaturge – elle a obtenu le Prix du Gouverneur général en 1986 pour sa pièce Duo pour voix obstinées, Maryse Pelletier signe avec L’odeur des pivoines un roman sur la création littéraire.

Romain, comédien et metteur en scène, a réuni, un soir d’hiver, quelques amis autour de la table de sa maison de campagne. Sûr de lui, il sollicite d’emblée leur appui pour l’obtention d’un poste convoité à la direction d’un théâtre et, du même souffle, annonce qu’il quitte Céline alors que celle-ci ignorait cette décision. Déjà tendue, l’atmosphère devient de plus en plus irrespirable tandis qu’une tempête épouvantable confine le petit groupe. Pendant trois jours, les liens d’amour ou d’amitié se font et se défont, les masques tombent, la tragédie plane.

Mais en quoi ce récit est-il le reflet de la propre histoire de Florence Jeannois ? Et Romain est-il le pseudonyme de ce JF venu un jour lui rendre une brève visite dans la chambre d’hôpital où elle vit recluse ? Cette odeur de pivoines que Florence espère tant est-elle un dernier souvenir des bosquets entourant la maison de campagne que Céline a tant de mal à laisser derrière elle comme le dernier lien avec une vie et un homme qui la fait souffrir et qui l’humilie devant tous ?

Car c’est bien elle, Florence, paralysée et condamnée, qui dicte les chapitres de cette fiction à une infirmière qui a accepté de l’aider. Elle écrit, réfléchit sur son intrigue, met en scène des personnages, les élimine. Elle s’accroche, règle ses comptes et ses peines, donne un sens à une vie qui s’achève. Un beau roman.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 5 février 2015 à 18 h 29