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Numéro 88

Gaétan Breton

HALTE À LA PRIVATISATION : TU ME POMPES L’EAU !

Triptyque, Montréal, 2002
175 pages
18,00 $

Gaétan Breton s’applique à démonter la logique opposant les entreprises privées et publiques, et souligne combien cette opposition peut être fallacieuse lorsqu’il s’agit de privatisation d’une ressource essentielle et non renouvelable. L’analyste débusque les présupposés qui semblent favorables à la privatisation de l’eau. Clairement contre ce choix, il en dévoile, chiffres et tableaux à l’appui, les frais et autres implications, ce qui donne une idée des mouvements de capitaux en jeu et la manière dont l’argent est distribué. Il visite les modèles britannique et français, ainsi que ceux de certaines grandes agglomérations du monde, pour ensuite expliquer comment les gouvernements cherchent à renflouer leurs caisses par la privatisation, ce qui accuse leur perte de contrôle sur l’économie, mélange de déresponsabilisation et d’abdication devant la puissance d’assimilation de l’engrenage capitaliste. Gaétan Breton relève ensuite les prémisses idéologiques que sous-tend la vente de l’eau ; il veut ainsi provoquer une réflexion cruciale sur la propriété, à plus forte raison la propriété de l’eau celle-ci obéissant à un cycle continu. Il n’y a pas que le consommateur-payeur, il y a aussi le pollueur-payeur, qui achète le droit de saper l’eau et d’aviser plus tard (trop tard), aux dépens de la vie terrestre.

L’on admet que de prendre position sur le sujet est d’une urgence extrême, que l’éditeur se soit hâté de saisir un momentum ; mais de cette précipitation, la correction du texte a pâti… On pourra par exemple argumenter sur l’emploi anglicisant du verbe référer, mais qu’on ne vienne pas dire, sous prétexte de faire de l’esprit, que Pythagore a énoncé la loi de conservation des vitesses, s’il vous plaît. Rendons à Galilée ce qui lui appartient. Ces détails irritants n’iront pas jusqu’à compromettre la crédibilité de Gaétan Breton, car les faits qu’il rapporte sont des plus pertinents, et sa méthode, éclairante. Cette lecture s’impose pour penser une problématique vitale, qui pose ultimement la question du prix de la santé et de la survie.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21