Numéro 102

Camille Deslauriers

FEMME-BOA

L'instant même, Québec, 2005
121 pages
16,95 $

Femme-boa, premier recueil de nouvelles de Camille Deslauriers, raconte seize histoires – reliées les unes aux autres par des événements, des personnages et des lieux qui touchent tous de près ou de loin la « femme peintre », une femme on ne peut plus excentrique – à la fois divertissantes et inspirantes. Adoptant tantôt le point de vue naïf de l’enfant, tantôt celui de l’adulte torturé, l’auteure plonge le lecteur dans un monde tout à fait insolite, dans un univers personnel empreint de tendresse. Femme-boa fait par ailleurs appel aux capacités créatives du lecteur de même qu’à sa sensibilité et le convie à un voyage aux confins de l’imaginaire.

Le recueil a de plus le mérite d’explorer divers thèmes fort présents chez l’Occidental du XXIe siècle : du suicide à l’alcoolisme en passant par le deuil ; de l’utopie du bonheur instantané aux standards discutables de la beauté, lesquels peuvent devenir une obsession et mener à la folie. Et c’est avec une grande sensibilité et une certaine dose d’humour que Camille Deslauriers orchestre des intrigues brillamment ficelées. Dans ces histoires, place est aussi faite à l’art, à la création et à la musique. Bref, voilà un hymne à la différence et surtout un hymne à la vie, vie qui serait peut-être franchement plus agréable si l’on pouvait « [h]abiter dans le réel à temps partiel ». Chose certaine, par le biais de rencontres à la fois opportunes et inopportunes et de fantasmes, par l’exploration de la solitude et de la peine, l’auteure dessine un merveilleux tableau de la vie de ceux qui sont et qui osent pleinement être différents.

Camille Deslauriers, une auteure de talent, propose ici un premier recueil de nouvelles au style travaillé. Soutenues par une écriture poétique, dotées de jeux de mots savoureux et de métaphores rafraîchissantes, les nouvelles présentées épousent fort bien la structure traditionnelle de la nouvelle. En somme, l’auteure réussit à conduire le lecteur bien au-delà de la réalité. Pour les amateurs du genre et pour tous ceux qui s’intéressent aux exercices de création, Femme-boa réussit le défi de transporter dans un monde fantastique, sensible, humain. La magie opère et tranquillement on bascule dans cet univers réconfortant, plein de fantaisie et d’images savoureuses.

Publié le 27 février 2006 à 14 h 50 | Mis à jour le 20 décembre 2014 à 19 h 16