Collectif

FÉLIX LECLERC

HÉRITAGE ET PERSPECTIVES

Septentrion, Québec, 2019
333 pages
29,95 $

Que retenir de Félix Leclerc ? A-t-il été l’auteur et le chansonnier le plus important de toute notre histoire collective ? L’œuvre de celui que l’on appelle simplement « Félix » a donné lieu à de nombreux travaux universitaires. Ce collectif dirigé par Luc Bellemare, Jean-Pierre Sévigny et Danick Trottierprésente, pour sa part, le personnage sous différentes facettes, sans constituer pour autant une biographie.

Les étiquettes les plus diverses ont été apposées au chanteur ; par exemple, le Journal de Genève le désignait en 1965 comme « le bûcheron canadien ». Dans le présent ouvrage, Robert Proulx l’appelle « le chanteur paysan, le poète terrien ». Décrivant « un véritable artiste multidisciplinaire », Jean-Pierre Sévigny conteste le mythe tenace d’un Félix Leclerc « incompris des siens ». Scrutant plusieurs fonds d’archives, Jean-Nicolas De Surmont apporte des précisions inédites sur les années 1960 – période charnière et mal connue – durant lesquelles Félix Leclerc a vécu en France puis en Suisse. C’est le chapitre le plus documenté de l’ouvrage.

François Dompierre raconte comment il a réarrangé plusieurs chansons de Félix Leclerc, après un enregistrement épuré comprenant uniquement sa voix accompagnée de sa guitare ; pour les arrangements, Dompierre explique sa méthode et sa vision de l’œuvre de Leclerc : « Je crois que les chansons de Félix sont très visuelles, dramatiques, ce sont souvent des fables avec des personnages ». Étant musicien mais aussi compositeur, Dompierre précise que dans la chanson « Le Tour de l’île », « tous les passages instrumentaux sont de [s]on cru ».

Les précieuses annexes de Frédéric Giuliano et Marc-André Goulet recensent les différents fonds d’archives contenant des manuscrits et des enregistrements inédits ; ces ressources permettront de prolonger les recherches sur un créateur hors du commun.

Mais que dit Félix Leclerc à propos de sa propre vision du monde ? Dans la retranscription d’un entretien passionnant accordé à la revue Québec français, Félix Leclerc explique comment un artiste pluridisciplinaire peut canaliser son inspiration du moment selon ses différents modes d’expression : « Si ce que vous avez à dire, ce sont des bavardages, ce sera alors un livre. Si vous pouvez le comprimer, le presser en dix-huit lignes, dans le creux de votre main, comme un citron, ça pourra faire une chanson ». Plus loin, l’auteur de « L’alouette en colère » conclut la conversation en déclarant « que pays et langue sont les deux mots les plus importants du dictionnaire ».

Publié le 9 avril 2020 à 15 h 11 | Mis à jour le 4 mai 2020 à 11 h 44