Numéro 100

Matthieu Simard

DOUCE MOITIÉ

Stanké, Outremont, 2005
212 pages
14,95 $

Troisième roman de Matthieu Simard, Douce moitié est cependant le premier qu’il m’est donné de lire de ce jeune auteur – plutôt prolifique – nouvellement apparu dans le monde du livre québécois. C’est donc avec curiosité que j’ai amorcé ma lecture de ce petit roman qui, je dois l’avouer, m’a séduite par son format original, tout à fait adapté au concept du projet (un tout petit « demi-roman » de forme carrée, judicieusement intitulé Douce moitié).

N’échappant pas à la vague autofictionnelle sur laquelle flotte la « nouvelle » littérature québécoise, l’œuvre de Matthieu Simard entretient volontairement un flou autobiographique. Plutôt commun, le personnage de Matthieu, dont le prénom s’écrit avec deux « t » (tout comme celui de l’auteur), incarne un loser sympathique, jeune adulte un peu lâche à tendance narcissique, comme on en rencontre assez fréquemment dans les récits québécois contemporains. En relation « on et off » avec Julie depuis plusieurs années, Matthieu s’interroge sur les sentiments qu’il ressent pour sa copine, puis décide de lui demander de l’épouser. Ainsi se résume Douce moitié.

L’originalité de Matthieu Simard – l’auteur – ne réside donc pas dans l’histoire qu’il raconte, mais plutôt dans le style qu’il a adopté. Perçue comme populaire par certains, sa plume se tient loin des fioritures et des tournures délibérément élégantes. Spontanée, l’écriture de Matthieu Simard dénote certes par moments une certaine légèreté, voire une facilité, mais évoque dans l’ensemble une sincérité qui provoque l’adhésion. Parfois cynique, souvent bon observateur, le jeune auteur propose une œuvre qui a, selon moi, le mérite d’être franche. Comme l’indique la quatrième de couverture, Douce moitié est une « [h]istoire d’amour et de demande en mariage, avec des beaux petits moments cutes, d’autres moments drôles. Et des moments plates. Plates mais agréables à lire ». Or, le « demi-roman » de Matthieu Simard tient ses promesses : c’est avec plaisir, la plupart du temps avec un sourire en coin, que j’ai lu Douce moitié, un livre sympathique et sans prétention d’un auteur qui, mine de rien, au fil des pages et des livres qui s’accumulent, me semble capable de produire une œuvre cohérente et assurément actuelle. Parce que la vie est aussi faite de petites choses toutes simples.

Publié le 22 septembre 2005 à 0 h 56 | Mis à jour le 22 septembre 2005 à 0 h 56