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Numéro 88

Jean-Claude Carrière

DICTIONNAIRE AMOUREUX DE L’INDE

Plon, Paris, 2001
455 pages
40,95 $

C’est en 1974, pour préparer, avec Peter Brook, l’adaptation théâtrale du grand poème épique du Mahabharata, que Jean-Claude Carrière se rend pour la première fois en Inde. Près de trente ans plus tard, après une trentaine de séjours, il livre ses impressions de voyage et engage le lecteur à le suivre dans ce pays déroutant, où une mythologie vieille de plus de cinq mille ans ponctue encore, et sans doute pour longtemps, les gestes de la vie quotidienne.

Le regard que porte Jean-Claude Carrière sur ce pays est à la fois fasciné et lucide, tendre et ironique. L’ouvrage, non exhaustif, ne s’embarrasse pas de bibliographie ou de table des matières. Il est simplement conçu comme une promenade dont l’itinéraire est fixé par l’ordre alphabétique : « A » comme Ajanta, « B » comme Bouddhisme, « C » comme Calcutta, « K » comme Krishna, « M » comme Mahabharata , « R » comme Route, « S » comme Shiva, « Y » comme Yoga. Mais la lecture, précise l’auteur dans sa préface, peut « commencer n’importe où » : au gré de sa curiosité, grâce à un système de renvois entre les 108 articles, le lecteur peut passer de la description d’un rituel religieux, d’un monument ou d’une ville à celle d’un itinéraire de voyage ou d’un conte philosophique. « C’est un peu de tout cela que je parle dans le livre, sans chercher une ligne droite, ou un ordre impeccable dans la multiplicité indienne, sans prétendre clarifier ce qui exige la pénombre, ni redresser les ondulations des corps, la flexibilité déconcertante des esprits. Je dirai au passage, évidemment, quelles sont mes haltes de prédilection, et ce que je vois. Je m’attarderai sans doute là où d’autres ne font que passer et vice versa ». De ses pérégrinations, Jean-Claude Carrière a rapporté des odeurs et des couleurs, des émotions et aussi des dessins qui agrémentent l’ouvrage et invitent au voyage. Un voyage ‘ tous ceux qui l’ont fait le savent ‘ dont l’empreinte est indélébile : « L’Inde nous arrache hors de nous-mêmes, soit par répulsion soit par attraction, ou par la plus forte des curiosités, celle qui ne sait ni ce qu’elle cherche, ni ce qu’elle peut espérer, ou craindre. […] Une provocation incessante du regard et de la pensée ».

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 30 novembre 2014 à 17 h 49