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Numéro 90

Hélène Rioux

DIALOGUES INTIMES

XYZ, Montréal, 2002
79 pages
12 $

« On est en janvier. S’ils le font maintenant, l’enfant naîtra à l’automne, ça ne pourrait tomber mieux. […] Mais le problème, c’est qu’elle ne veut pas vivre la fin de sa grossesse pendant l’été. » Le mois suivant, ils comprendront que, s’il est conçu à ce moment, le bébé naîtra sous le signe du Scorpion, qui est incompatible avec leurs signes. Ensuite, ils seront malades, puis trop occupés et enfin ils essaieront – sans succès – les positions recommandées pour la fécondation. Pourtant, « en octobre, […] elle ne sait plus si elle a vraiment envie d’avoir un bébé. […] En novembre, c’est lui qui s’interroge : ne sont-ils pas trop vieux pour procréer ? […] Quand décembre arrive, ils trouvent que, encore une fois, l’année a passé bien trop vite ». Voilà le ton du texte « Bébé » et celui du récit entier : un ton à la fois tendre et légèrement moqueur, dénué de lourdes métaphores ou de propos moralisateurs, un ton juste, plein d’humour, parfaitement approprié au sujet abordé, la vie quotidienne d’un couple ordinaire.

Comment trouver les solutions qui leur conviendraient à tous les deux ? Quand elle a envie d’aller dans un restaurant au centre-ville, il désire se rendre à celui de leur quartier ; quand il propose la cuisine chinoise, elle se rappelle les histoires qui lui coupent l’appétit ; quand elle évoque l’image d’un petit restaurant russe, il affirme qu’il ne pourra pas supporter la musique tzigane. La discordance persiste quand ils cherchent l’endroit idéal pour passer leurs vacances, quand ils font des plans pour le réveillon ou lorsqu’ils doivent peinturer la salle de bains

Dialogues intimes est un court récit qui parle de désaccords, de divergences d’opinions, de goûts et de désirs différents. Les situations qui nous rendent parfois la vie insupportable peuvent aussi, quand elles sont décrites par une main sûre et habile, nous intriguer, nous amuser et nous faire rire de nous-mêmes. L’ensemble étant si captivant, on aurait seulement voulu que le livre nous retiennent plus longtemps.

Publié le 7 août 2003 à 10 h 17 | Mis à jour le 8 février 2015 à 18 h 48