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Numéro 81

Camille Bouchard

DES LARMES MÊLÉES DE CENDRES

Stanké, Montréal, 2000
435 pages
29,95 $

Après un récit dont l’action se déroulait dans l’univers sordide de la prostitution juvénile, en Thaïlande, Camille Bouchard nous propose un thriller de politique-fiction de bonne facture qui nous entraîne dans une autre partie « exotique » de la planète, le Soudan, où sévit une guerre civile et où règne encore l’esclavage. Pour apprécier pleinement cette incursion mouvementée, pleine de rebondissements, dans la folie des guerres du Tiers-Monde, le lecteur doit cependant surmonter un obstacle de taille et mettre un peu en veilleuse son esprit critique En effet, le héros (et c’en est un vrai : courageux, téméraire, obstiné, débrouillard, et j’en passe ), Guillaume Racine, alias Lemire, est recruté par des agents secrets canadiens et américains pour tenter de repérer le plus dangereux terroriste de la planète, Shafik, alias le Serpent. Guillaume, que rien ne prédispose à cette dangereuse activité, est guide de pêche sur la Côte-Nord. Alors, pourquoi lui ? On sait que la principale qualité d’un limier, d’un détective ou d’un policier, c’est son flair ! Et Guillaume, du flair, il en a plus que n’importe quel Sherlock Holmes Son odorat est si exceptionnel que l’on compte sur lui pour littéralement « renifler », comme un chien de piste, et découvrir ainsi l’insaisissable Serpent. Ce qu’il fera dès les premiers chapitres ! Une fois que le lecteur indulgent a avalé cette « hénaurme » couleuvre, il peut continuer sa lecture. Le rythme s’accélère et on est plongé dans une aventure où l’action ne manque pas, ni d’ailleurs les bons sentiments. Guillaume est un idéaliste comme on n’en fait plus, et en cela, il ressemble au personnage central du roman précédent, Les démons de Bangkok. On suit avec intérêt l’évolution de la relation entre Shafik et Guillaume, le second retenant les services du premier pour retrouver un ami disparu chez les esclavagistes. Camille Bouchard intègre habilement les éléments géopolitiques et l’actualité africaine à une intrigue de politique-fiction dans laquelle les magouilles, les retournements de veste, les traîtrises et divers pièges parsèment le parcours de notre vaillant Québécois. C’est à la fois divertissant et instructif. Que demander de plus ?

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 29 novembre 2014 à 12 h 12