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Régis Roy

CHOIX DE NOUVELLES ET DE CONTES

David, Ottawa, 2001
282 pages
20,00 $

En mettant sur pied la collection « Voix retrouvées », les éditions David, d’Ottawa, ont eu l’heureuse idée de contrer « la politique des éditeurs qui reprennent sans cesse les mêmes titres » en « [révélant des] textes oubliés qui présentent un intérêt certain au plan de la littérature, de l’histoire, de la politique et de la sociologie ». On ne peut que souscrire à ce projet dont la réalisation est partagée actuellement par nombre d’éditeurs québécois : sans oublier les (luxueuses) éditions de la collection « Bibliothèque du Nouveau Monde » ou de celle du « Nénuphar ». On peut aussi mentionner ici, par exemple, plusieurs tomes de la « Bibliothèque québécoise » et, tout particulièrement, depuis une dizaine d’années déjà, ceux de la collection « Anciens » des Éditions de la Huit, à Sainte-Foy.

La deuxième « voix retrouvée » aux éditions David est aujourd’hui celle de Régis Roy (1864-1944), ci-devant fonctionnaire à Ottawa. Les professeurs Mariel O’Neill-Karch et Pierre Karch présentent ici, pour la première fois en volume séparé, 18 nouvelles et contes parmi la quarantaine que le Franco-ontarien a publiés de son vivant dans différentes revues montréalaises, notamment Le monde illustré. L’introduction fait état de l’œuvre variée de Régis Roy, qui a laissé de nombreux « écrits historiques » et qui « est aussi l’auteur de romans, de pièces de théâtre, de poèmes drôlatiques ». Chaque texte est précédé d’une notice où ressortent souvent les perspectives narratologiques des éditeurs : sans être tatillon, on peut certes ici questionner l’emploi récurrent qui est fait de la notion de « récit en abîme » parce qu’elle prête à confusion avec celle de « mise en abîme », fréquente en narratologie mais non opératoire dans le présent Choix, et aussi parce qu’elle semble redoubler la définition de « métarécit », laquelle recoupe de toute évidence ce que Muriel O’Neill-Karch et Pierre Karch appellent « récit enchassé » et « récit encadré ».

Mais ne soulevons pas de querelles et reconnaissons aux présentateurs le grand mérite d’ajouter des considérations de type formel à des propos qui touchent tour à tour ou simultanément les habituels aspects thématiques, sémantiques, historiques et linguistiques.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21