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NUIT BLANCHE

La guerre de Sécession est un épisode sanglant de l’histoire des États-Unis. Guerre fratricide, comme toutes les guerres civiles, elle divisa le pays, les régions, les familles. Si, de façon générale, le roman western est un genre sur le déclin, ce conflit n’en finit toutefois pas d’inspirer les écrivains. Publié dans une collection consacrée aux « thrillers », ce roman très noir nous entraîne dans les étendues sauvages du Kansas et du Missouri. Alors que les armées régulières du Nord et du Sud s’affrontent à l’est, une autre guerre, encore plus « sale », se déroule plus à l’ouest, mettant aux prises des « irréguliers » qui ne respectent aucune convention. Le héros (un bien grand mot dans les circonstances), qui se nomme Jake « Dutch » Roedel, a seize ans. Avec son frère de sang, Jack Bull Chiles, il rejoint les rangs des « bushwackers », des rebelles sans uniforme qui massacrent sans vergogne tous ceux qui sympathisent avec le Nord. Ils font l’apprentissage d’une vie sanglante et barbare placée sous le signe de la violence la plus inhumaine. Pendant quatre ans, Jake suivra une sorte de parcours intitiatique parsemé de tueries, de lynchages, et de mille dangers. Il découvrira, à son corps défendant, le sens des mots « loyauté », « trahison », « tolérance », se liera d’amitié avec un « nègre », lui le Sudiste raciste, et découvrira enfin l’amour et l’espoir d’une vie meilleure. Un épisode particulièrement réussi raconte un raid mené par les « guérilleros » du colonel Quantrill contre les habitants de Lawrence, au Kansas, une ville non défendue par des troupes régulières qu’ils pillèrent et incendièrent et où ils mas-sacrèrent plus d’une centaine de civils.

Dans ce roman, Woodrell mélange adroitement les genres ; Chevauchée avec le diable est à la fois un récit de guerre, historique, un western, un roman noir. Le cinéaste Ang Lee l’a adapté à l’écran et en a fait un western convenable, quoique très conventionnel, et qui n’a connu que peu de succès.

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