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Bruno Roy

BRÛLÉS PAR LA NUIT

Écrits des Forges, Trois-Rivières, 2008
98 pages
12 $

Ce beau recueil, d’une lumineuse cruauté, s’ouvre sur un portrait poétique de la ville de Montréal. On y discerne nos exils dans la noirceur tant de l’être que de celle du monde extérieur. C’est comme si nous étions « absents » dans la vastitude de l’univers… Toutes les significations qui nous entourent n’empêchent point, curieusement, la souffrance propre à notre être-au-monde, à notre condition d’êtres vivants de nous frapper. On n’hésite pas à dire : « [R]ues transversales / où même le chien / a l’air triste des humains ».

C’est une poésie ancrée essentiellement dans la ville qui défilera sans cesse sous nos yeux. Des traits lumineux issus de l’antre du vivant émergent, parfois, d’un parcours sinueux en ce qui touche l’« existentiel ». Mais notre présence au monde finira presque, cependant, dans l’innommable : une course effrénée s’effilochant en étrange faillite. Même plus : « [M]ille volées de petits drames / tourbillonnent dans la vie assassine ».

La trop brève luminosité qui nous entoure se retire souvent pour faire place à la douleur. Bruno Roy, comme bien d’autres poètes, l’a grandement remarqué, signifié, DIT. Notre être « suffoque au sous-sol / de son âme cambriolée ». Nous n’existerions, tout simplement, qu’en abîme. Unique vérité.

Publié le 25 septembre 2009 à 14 h 36 | Mis à jour le 18 novembre 2014 à 10 h 48